Russie

Russie : les Pussy Riot risquent trois ans de camp

Nadejda Tolokonnikova (G) et Ekaterina Samoutsevitch (D), membres des Pussy Riot, sont escortées par la police à Moscou le 3 août 2012.
Nadejda Tolokonnikova (G) et Ekaterina Samoutsevitch (D), membres des Pussy Riot, sont escortées par la police à Moscou le 3 août 2012. REUTERS/Maxim Shemetov

L’accusation requiert trois ans d’emprisonnement contre les punkettes du groupe Pussy Riot, à l’issue d’un procès considéré comme arbitraire et absurde par la défense, ce mardi 7 août 2012. Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoutsevitch sont accusées de «hooliganisme et d’incitation à la haine religieuse» après leur «prière punk» anti-Poutine de février dernier.

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Avec notre correspondante à Moscou, Veronika Dorman

Selon le procureur, l’action blasphématoire des Pussy Riot dans la cathédrale du Christ-Sauveur était planifiée de longue date et visait tous les orthodoxes. Les trois jeunes femmes, elles, ont plaidé leur innocence, en insistant lourdement sur les motivations politiques de leur action.

Elles ont nié toute hostilité envers les croyants et une fois encore elles ont demandé pardon à ceux des orthodoxes que leur performance a blessés. Leur seul objectif, ont répété les jeunes femmes, était de dénoncer la collusion entre l’Eglise officielle et le pouvoir en Russie, entre le patriarche Kirill et le président Vladimir Poutine.

Pour les avocats, l'issue du procès ne fait pas doute

Pour les avocats de la défense, qui ont plaidé la relaxe, le procès est une commande politique car les Pussy Riot sont des opposantes au régime. «En Russie, le jugement ne se distingue pas vraiment de ce que requiert le procureur. Ce qui veut dire que nous aurons un jugement de condamnation et vraisemblablement une peine de prison réelle pour nos clientes» avance maître Feyguin, un des avocats des Pussy Riot.

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Convaincus de l'issue du procès, les avocats des jeunes filles ne comptent pas s'arrêter au jugement rendu par le tribunal moscovite. Maître Polozov, un autre avocat prévient : «Pour nous, tout jugement, sauf une relaxe, sera considéré comme illégitime. Ce qui veut dire que si elles sont condamnées de quelle que manière que ce soit, nous allons faire appel, d’abord auprès des instances russes, puis auprès des instances internationales.». La défense prévoit en effet de saisir la Cour européenne des droits de l’homme pour dénoncer les irrégularités de procédure et les mauvais traitements infligés aux accusées.

« Elles méritent d'être libres. Je prie pour leur liberté », a déclaré la chanteuse américaine Madonna, en concert à Moscou ce mardi soir.

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