Grèce

Grèce : manifestation à Salonique contre les nouvelles mesures d’austérité

Les pompiers dénoncent les coupes prévues dans leurs salaires et pensions. Salonique, le 8 septembre 2012.
Les pompiers dénoncent les coupes prévues dans leurs salaires et pensions. Salonique, le 8 septembre 2012. REUTERS/Grigoris Siamidis
Texte par : RFI Suivre
5 mn

En Grèce, une manifestation a rassemblé, ce samedi soir 8 septembre, quelque 30 000 personnes à l'appel des syndicats et de l'opposition de gauche dans le nord de la Grèce, à Salonique. Une rentrée sociale houleuse pour dénoncer les nouvelles mesures d'austérité exigées pour redresser les comptes publics.

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Avec notre correspondante à Athènes, Amélie Poinssot

Le nouveau programme d'austérité va entraîner de nouvelles baisses de salaires pour certaines catégories de fonctionnaires et de nouvelles coupes dans les retraites. Ces derniers jours, la presse grecque parlait même de passer à la semaine de six jours. Le but de ces réformes est d'économiser près de 12 milliards d'euros dans les dépenses publiques les deux prochaines années.

Cela dit, les membres de la coalition gouvernementale ne semblent pas sur la même longueur d'onde. Les mesures sont discutées depuis le début de l'été et on ne sait toujours pas s'ils se sont vraiment mis d'accord.

Les problèmes économiques sont tellement radicaux en ce moment que les gens n'ont plus d'espoir.

Mena Georgandzi, habitante de Salonique

Les représentants de la troïka en tout cas sont arrivés vendredi dans la capitale pour précisément finaliser ce nouveau programme d'austérité. C'est la condition sine qua non pour que la prochaine tranche du prêt de l'Union européenne et du FMI soit versée. Le ministre des Finances grec va s'entretenir ce dimanche avec les représentants des deux institutions.

Il sera imité lundi par Antonis Samaras, le Premier ministre, qui a déclaré ce samedi matin qu'il espérait un rapport positif de la troïka, et qu'il s'agissait là de la priorité du gouvernement. Le contenu des réformes est attendu dans la semaine.

Des manifestants très remontés

Evidemment, dans la rue, les Grecs ne l'entendent pas de cette oreille. Même les forces de l'ordre, concernées par les nouvelles coupes, ont manifesté ce samedi matin à Salonique. Dans la soirée, c’était au tour des syndicats et de l'opposition de manifester : trois cortèges au total. Les autorités, craignant les débordements, ont déployé un important dispositif, plus de 3 000 policiers sont à pied d'œuvre. Mais, si quelques incidents ont éclaté à la marge, comme souvent en Grèce, l'atmosphère tout au long de la journée était plutôt pacifique.

A l'appel de cette mobilisation, il y avait les syndicats bien sûr, mais aussi les partis de gauche et d'extrême gauche. L'Adedy, le syndicat de la fonction publique, condamne de nouvelles coupes « barbares », et la GSEE, pour le secteur privé, dénonce une nouvelle dérégulation du marché du travail.

De son côté, la gauche de Syriza, le principal parti d'opposition, a aussi mobilisé ses troupes, et son leader, Alexis Tsipras, a fait le déplacement à Salonique pour l'occasion. Il n'a pas manqué de critiquer vertement le Premier ministre Antonis Samaras qui a fait une très brève apparition ce samedi matin à Salonique. « Samaras se comporte comme un voleur », a-t-il dit.

La semaine à venir s'annonce encore chargé puisque plusieurs secteurs ont annoncé des piquets de grève : les contrôleurs fiscaux, les mairies et les médecins du service public, entre autres, seront mobilisés.

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