Géorgie

Législatives en Géorgie: jour de vote sous haute tension

Le président géorgien Mikheïl Saakachvili sort de l'isoloir, ce lundi 1er octobre.
Le président géorgien Mikheïl Saakachvili sort de l'isoloir, ce lundi 1er octobre. REUTERS/David Mdzinarishvili

Les bureaux de vote ont ouvert ce lundi matin 1er octobre en Géorgie. Un peu plus de 3,5 millions d’électeurs sont appelés à désigner leur nouvelle Assemblée. Deux mouvements dominent la scène politique : le parti au pouvoir, le Mouvement national unifié de Mikheïl Saakachvili actuellement majoritaire, et la coalition d’opposition, Rêve géorgien, emmenée par le milliardaire Bidzina Ivanichvili. Les deux partis se sont affrontés très durement et ce scrutin laisse craindre des débordements.

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Avec notre correspondant à Tbilissi, Régis Genté

C’est la peur au ventre que beaucoup de Géorgiens vont aller voter aujourd’hui. Les deux dernières semaines ont été marquées par de fortes tensions. Une série de scandales, notamment celui qui a éclaté le 18 septembre à propos de vidéos prouvant la pratique de la torture dans les prisons géorgiennes, a affaibli le pouvoir. Depuis, beaucoup d’informations compromettantes, pas toujours convaincantes, ont créé un climat délétère dans toute cette campagne.

Les deux grands partis en liste, le parti présidentiel Mouvement national uni de Mikheïl Saakachvili et la coalition d’opposition Rêve géorgien du milliardaire Bidzina Ivanichvili, s'opposent dans un fort climat de défiance. Le pouvoir, lui, affirme craindre des provocations de la part de son opposition qui, elle, dit ne pas avoir confiance dans les autorités pour organiser un scrutin qui serait juste aujourd’hui.

Duel entre deux hommes

Ce vote se résume à un duel entre deux hommes forts, mais très différents : Mikheïl Saakachvili et Bidzina Ivanichvili. Saakachvili est l’homme de la « révolution des roses », cette révolution pro-occidentale de 2003 qui a entraîné depuis le pays à marche forcée vers une société plus libérale économiquement, politiquement, avec des laissés-pour-compte, des échecs, mais aussi avec d’impressionnantes réformes, dont celle de la police, et des réussites : éradication de la corruption du quotidien des gens…

De l’autre côté, le milliardaire Bidzina Ivanichvili, qui a fait sa fortune en Russie. Le pouvoir l’accuse d’être encore un peu l’homme du Kremlin, mais aussi l’homme du passé. Bidzina Ivanichvili, lui, dit qu’il va remettre le pays sur la voie de la justice, contre les dérives autoritaires du président. Il montre discètement qu’il pourrait peut-être utiliser son porte-monnaie - sa fortune estimée à 5 milliards d’euros - pour aider les Géorgiens dans leur quotidien.

Cela fait donc deux styles qui s’affrontent, deux manières de regarder la société : l’un résolument pro-occidental et un autre qui a tendance à expliquer qu’il faudra renouer les liens avec la Russie sans forcément expliquer comment.

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