Albanie

Un ancien détenu politique albanais décède après s'être immolé par le feu

Des manifestants brûlent des portraits du Premier ministre albanais en soutien aux anciens prisonniers politiques en grève de la faim.
Des manifestants brûlent des portraits du Premier ministre albanais en soutien aux anciens prisonniers politiques en grève de la faim. REUTERS/Arben Celi
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Un ancien détenu politique albanais est décédé dans un hôpital de Bari, dans le sud de l'Italie. Il s'y trouvait depuis trois semaines, après avoir tenté de s'immoler par le feu à Tirana. Il réclamait le paiement d'une indemnisation pour les années passées en prison sous le régime communiste albanais.

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Lirak Bejko n'avait que 47 ans. Il y a trois semaines, par désespoir, il s'est arrosé d'essence devant une caméra, puis il a craqué une allumette. Il s'est transformé sur le champ en torche vivante.

Auparavant, avec vingt autres anciens détenus politiques, il avait suivi pendant plusieurs jours une grève de la faim dans la capitale albanaise, Tirana. Brûlé à 50%, Lirak Bejko a été transporté et soigné dans un hôpital de Bari (Italie). Avant sa mort, il a dit qu'il voulait que ses camarades continuent à réclamer leur droits, mais sans suivre son exemple, car les douleurs sont atroces.

Une loi datant de 2007 donne droit aux anciens prisonniers politiques albanais à un dédommagement de 14 euros pour chaque jour passé en prison. Selon une source officielle à Tirana, plus de 11 000 anciens détenus politiques ont déjà bénéficié d'une première tranche de cette indemnisation.

Les protestataires, dont faisait partie Lirak Bejko, accusent les autorités albanaises de ne pas vouloir dialoguer avec eux, sous prétexte que leur action serait motivée politiquement. A cause des dissensions entre la majorité de droite et l'opposition de gauche, les réformes avancent difficilement en Albanie, ce qui bloque son intégration euro-atlantique.

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