France / Espagne

Vives protestations en France après l'extradition de la militante basque Aurore Martin vers l'Espagne

Une capture vidéo où l'on voit la militante de Batasuna Aurore Martin après sa remise aux autorités espagnoles, le 1er novembre 2012.
Une capture vidéo où l'on voit la militante de Batasuna Aurore Martin après sa remise aux autorités espagnoles, le 1er novembre 2012. AFP PHOTO / SPANISH GUARDIA CIVIL HANDOUT
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Les protestations contre l'extradition d'Aurore Martin n'en finissent plus. Pour le deuxième jour, samedi 3 novembre, des personnalités politiques et associatives se sont réunies à Bayonne. Elles demandent des explications sur les conditions de l'arrestation et de la remise aux autorités espagnoles de la militante basque.

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L'extradition de la militante basque Aurore Martin vers l'Espagne « s'est opérée dans le strict cadre du mandat d'arrêt européen », a affirmé samedi la Chancellerie. Dans ce cadre, l'opération se découle « de juge à juge, sans intervention des autorités gouvernementales ».

Dans un communiqué, la ministre de la Justice Christiane Taubira rappelle
qu'Aurore Martin avait épuisé toutes les voies de recours juridiques, jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

Des responsables politiques, notamment de gauche, de syndicats, d'associations et de simples citoyens ont condamné l'interpellation de la militante du parti Batasuna, première Française remise à l'Espagne dans une affaire basque.

Le maire-adjoint UMP de Bayonne, Christian Millet-Barbé, juge scandaleuse la remise à l'Espagne d'Aurore Martin.

Nous condamnons effectivement cette extradition parce que nous considérons que le débat démocratique que nous devons avoir en Pays Basque n’a pas besoin d’outil de coercition de cette nature (…) C’est un scandale par rapport à la situation personnelle d’Aurore Martin qui n’a rien commis de répréhensible (…). La libération d’Aurore Martin doit être immédiate.

Christian Millet-Barbé

Dans la ligne de mire des opposants à l‘extradition, Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur. Ce samedi 3 novembre, le président du groupe socialiste à l'Assemblée a pris la défense du ministre expliquant qu'il n'avait rien à voir avec cette extradition et rappelle que l'Etat français n'a fait que respecter la procédure judiciaire et donc l'indépendance de la justice.

L’Etat français a respecté des procédures qui sont des procédures judiciaires qui garantissent l’indépendance de la justice et en même temps de coopération (…) entre l’Espagne et la France (…). Le procès qui est fait à Manuel Valls est totalement injustifié.

Bruno Leroux

Le ministre de l’Intérieur s'exprime sur l'affaire, ce dimanche 4 novembre, dans une interview accordée au journal Sud-Ouest Dimanche. Manuel Valls y assure n'avoir pris aucune décision dans l'exécution du mandat d'arrêt européen visant Aurore Martin.

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