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Union européenne / Economie

Président de la BCE depuis un an, Mario Draghi n'a pas démérité son surnom de «Super Mario»

L'Italien Mario Draghi a su imposer son style et apaiser les marchés.
L'Italien Mario Draghi a su imposer son style et apaiser les marchés. REUTERS/Ralph Orlowski
Texte par : Myriam Berber
3 mn

Arrivé il y a un an à la tête de la Banque centrale européenne (BCE), au plus fort de la crise de la zone euro, Mario Draghi n’a pas démérité, d’où son surnom de « Super Mario ». Le banquier italien a pris un certain nombre de mesures pour défendre les pays de la zone euro, malmenés sur les marchés.

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Quand Mario Draghi prend, début novembre 2011, la succession de Jean-Claude Trichet à la tête de la présidence de la BCE, la partie est loin d’être gagnée. En pleine tourmente financière, sa nomination ne fait pas consensus. En cause, sa nationalité italienne et un poste occupé entre 2002 et 2005 chez Goldman Sachs, la banque qui a aidé la Grèce à dissimuler sa dette publique au début des années 2000.

Dès son premier Conseil des gouverneurs, en pleine tragédie grecque, Mario Draghi innove avec une mesure phare. Après plusieurs baisses de taux, il lance les fameux LTRO (« Long-term financing operations »), les prêts aux banques européennes à un taux de 1% sur une durée inédite de trois ans. Une manière de déléguer aux banques le rachat d'obligations d'Etat en difficulté que la BCE ne peut réaliser directement.

Préserver l’euro

En juillet 2012, alors que la zone euro est en état d’alerte maximale, le président de l’institut de Francfort marque encore les esprits avec un discours qui rassure les investisseurs. « La BCE est prête à tout pour préserver l'euro », annonce-t-il. Des déclarations qui arrivent à point nommé, alors que l'Espagne alimente les pires scénarii. Madrid redoute, en effet, un emballement des marchés qui conduirait à une situation à la grecque.

La réaction des places financières est immédiate. Les taux espagnols et italiens à dix ans repassent alors sous la barre des 7%, après avoir atteint les 7,5%. L'euro bénéficie également d'une embellie face au dollar. Un mois plus tard, Mario Draghi dévoile les OMT (« Outright monetary transactions »), son programme de rachats illimité de dettes publiques d’Etats européens en difficulté, sous réserve que ces pays demandent l’aide au Fonds européen de stabilité financière.

Draghi au Bundestag

Ces prochains mois, le président de la BCE devrait rester en première ligne, avec toujours son programme de rachats de dettes publiques, si jamais l’Espagne demandait formellement l’aide des ses partenaires européens. Un dispositif financier qui suscite de vives critiques outre-Rhin.

A tel point que le 24 octobre dernier, Mario Draghi a dû se rendre au Bundestag à Berlin pour défendre son programme de rachats de titres. Il a tenu à expliquer aux députés allemands que les OMT « ne conduiront pas à un financement déguisé des gouvernements » et « ne feront pas peser de risques excessifs sur les contribuables de la zone euro » En un an, Mario Draghi a su montrer qu’il n’était pas seulement un redoutable financier mais également un fin diplomate.

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