Royaume-Uni

Fiscalité : le Royaume-Uni épingle Starbucks, Google et Amazon

Le directeur financier de Starbucks, Troy Alstead lors de son audition par la Commission des comptes publics, le 12 novembre 2012.
Le directeur financier de Starbucks, Troy Alstead lors de son audition par la Commission des comptes publics, le 12 novembre 2012. REUTERS/UK Parliament
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Starbucks, Google et Amazon ont été cloués au pilori par les députés britanniques. Dans un rapport publié ce lundi 3 décembre, la Commission des comptes publics condamne les pratiques « immorales » de ces multinationales qui échappent largement à l’impôt sur les sociétés au Royaume-Uni. Cette montée au créneau survient alors que le ministre de l’Economie doit annoncer mercredi 5 décembre une plus grande sévérité à l’égard de l’évasion fiscale.

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Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

C’est la « mauvaise foi insolente » de ces trois compagnies qui a fait sortir de leurs gonds les députés britanniques. Dans leur rapport, ils racontent leur frustration face aux déclarations « évasives et peu convaincantes » des hauts responsables de Starbucks, Google et Amazon, qu’ils ont auditionnés le mois dernier.

Et pour cause : Starbucks, par exemple, soutient n’avoir fait aucun profit (à part une année) depuis son implantation au Royaume-Uni il y a 15 ans. Une affirmation possible grâce à des artifices comptables qui ont permis à la filiale britannique du groupe de ne payer aucun impôt sur les sociétés au cours des trois dernières années, malgré un chiffre d’affaires cumulé de plus de trois milliards d’euros.

D’où la colère de la présidente de la Commission des comptes publics, pour qui ces pratiques sont « inadmissibles et une insulte envers les entreprises et les particuliers britanniques qui paient leur dû ».

Devant la réprobation de l’opinion et les appels au boycott, Starbucks a annoncé des changements dans ses pratiques. Egalement sous pression, le ministre des Finances George Osborne doit dévoiler mercredi une rallonge financière aux services fiscaux afin de lancer des enquêteurs aux trousses des plus riches et des multinationales, pour les contraindre à payer plus d’impôts.

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