Pakistan

Un vendeur de poisson pakistanais future star de la chanson

C'est par le biais d'une vidéo postée sur YouTube que ce vendeur pakistanais a signé un contrat chez Warner.
C'est par le biais d'une vidéo postée sur YouTube que ce vendeur pakistanais a signé un contrat chez Warner. @YouTube

Un Pakistanais vendeur de poisson à Londres est en passe de devenir une véritable star de la pop grâce à internet. Poissonnier il y a encore quelques mois, ce crieur mélomane se retrouve dorénavant dans le top 10 britannique grâce à une chanson composée pour attirer le chaland vers son étal, sur un marché de l’est de la capitale britannique.

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La Warner a vu la vidéo sur YouTube et a offert un contrat au vendeur mélomane.

Le Tour du Net du 19/12/2012

L’histoire de Mohammed Shahid Nazir ressemble à un conte de fée aux accents de Bollywood. Arrivé en Angleterre pour y faire des études, il doit se mettre au travail pour joindre les deux bouts. Il se retrouve alors poissonnier au marché Queen’s d’Upton Park, un quartier populaire.

Son patron lui suggérant de crier pour attirer les clients, il choisit de chanter. « Venez mesdames, venez mesdames, un poisson pour une livre » (« Come on ladies, come on ladies, one pound fish »), entonne le poissonnier trentenaire sur un air entraînant accompagné de gestes comiques. Le spectacle attire bientôt, non seulement les clients, mais aussi les curieux. L’un d’eux filme la scène et la met en ligne sur YouTube. Une star du web est née.

Le tube déjà en huitième place du palmarès britannique

En quelques mois, des millions d’internautes ont vu la vidéo de celui qui est vite devenu le « One pound fish man ». Un succès qui n’est pas sans rappeler celui, à peine moins récent, du rappeur coréen Psy et de sa chanson « Gangnam style ».

La maison de disque Warner a senti l’aubaine et lui a offert d’enregistrer la chanson. Le tube, car c’en est un, est sorti la semaine dernière et se trouvait déjà mardi en huitième place du palmarès britannique de la meilleure chanson « dance ». Au micro du correspondant londonien d’une chaîne privée pakistanaise, Mohammed Nazir confiait récemment, avec un sourire radieux, n’avoir « jamais rêvé d’une chose pareille ». « C’est Dieu qui m’a inspiré cette chanson », ajoutait-il.

Tunique et foulard islamique contrastent avec le bling-bling du clip

Dans son pays natal, on sourit en entendant prononcer le surnom du « One pound fish man ». « Very very good, very very cheap », entonnent les écoliers. Chacun a vu la vidéo sortie en même temps que le single, où les paillettes des bikinis de jeunes danseuses ont remplacé les écailles de poissons du marché d’Upton Park. Pourtant, YouTube est bloqué au Pakistan depuis maintenant trois mois, suite à la diffusion par le site d’un film dénigrant l’islam.

Dans le village de Pattoki, à un peu plus de 200 km de la capitale, Islamabad, la femme et la mère du chanteur prient pour que le succès du poissonnier-chanteur le propulse en tête des palmarès et que sa famille puisse le rejoindre. Sur des photos publiées dans les journaux pakistanais, leur habit traditionnel, tunique et foulard islamique, contraste avec le bling-bling du clip tourné par l’enfant prodige.

« La musique c’est du boulot, c’est plus facile de vendre du poisson »

Encore étonné de son succès, le « One pound fish man » s’est lancé dans une campagne de promotion avec l’espoir de se hisser jusqu’au sommet des ventes. Une activité apparemment plus éprouvante que la criée musicale du marché aux poissons. « Je vais me reposer aujourd’hui, je suis très fatigué. La musique c’est du boulot, c’est plus facile de vendre du poisson », confiait-il récemment sur son compte Twitter.
 

 

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