Allemagne

Allemagne : des hackers de plus en plus politiques

Le congrès annuel rassemble durant quatre jours hackers, scientifiques, artistes et utopistes. Hambourg, le 27 décembre 2012.
Le congrès annuel rassemble durant quatre jours hackers, scientifiques, artistes et utopistes. Hambourg, le 27 décembre 2012. REUTERS/Morris Mac Matzen

Le congrès du Chaos Computer Club (CCC) vient de battre des records d’affluence à Hambourg. Si on a beaucoup parlé de nouvelles technologies, les débats ont été plus politiques que jamais au sein d’une organisation de plus en plus reconnue, et qui dénonce la censure et les contrôles étatiques.

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Si les hackers aux Etats-Unis restent avant tout perçus comme des criminels abusant de leurs talents informatiques pour des arnaques en tout genre, le Chaos Computer Club (CCC), une organisation créée il y a plus de trente ans, jouit d’une image plus positive et prend ses distances avec ces pratiques illégales outre-Atlantique.

Bien sûr, un congrès comme celui qui s’est achevé ce dimanche 30 décembre à Hambourg avec environ 6 000 participants - un record - est avant tout un paradis pour les amateurs de nouvelles technologies qui passent leurs journées (et leurs nuits) à présenter leurs nouvelles trouvailles, à échanger les derniers tuyaux et à bricoler de nouveaux programmes.

Politisation

Mais le slogan de ce congrès, « Not my department » (« Ça n’est pas mon rayon ») était avant tout à comprendre comme une critique contre ce petit monde féru d’informatique que des contingences plus politiques indiffèrent. Les responsables du CCC et plusieurs intervenants ont appelé leurs troupes à réfléchir aux conséquences négatives que des Etats ou des puissances privées peuvent tirer de leurs trouvailles.

Et bien sûr, le congrès a réitéré avec force son opposition aux contrôles que les Etats tentent d’exercer sur le net pour mieux le contrôler ou pour espionner des citoyens « suspects ». Le militant américain Jacob Appelbaum, une sommité dans ce milieu, a estimé lors de son discours d’ouverture que probablement chaque personne présente au congrès de Hambourg était sous surveillance. Ce soutien du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a notamment critiqué la construction par les services secrets de son pays d’un centre informatique géant visant à enregistrer des données sur des personnes vivant dans le monde entier et ce pour des décennies.

Durant l’année qui vient, le CCC veut plus particulièrement se pencher sur l’exploitation par l’armée de nouvelles technologies à commencer par les drones. Le Congrès a appelé les informaticiens et autres ingénieurs à s’opposer à l’utilisation à des fins militaires de leur savoir.

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