Turquie / France

Turquie: une foule immense rend hommage aux militantes kurdes tuées à Paris

Funérailles des trois militantes kurdes assassinées à Paris, à Diyarbakir (Turquie) le 17 février 2013.
Funérailles des trois militantes kurdes assassinées à Paris, à Diyarbakir (Turquie) le 17 février 2013. REUTERS/Umit Bektas
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Après l'assassinat de trois militantes kurdes en France la semaine dernière, l'enquête se poursuit sous la direction de la section anti-terroriste de Paris. Ce jeudi 17 janvier, à Diyarbakir, principale ville kurde de Turquie, des dizaines de milliers de personnes ont rendu un dernier hommage aux trois femmes. Les organisateurs avaient placé ce rassemblement sous le signe de l'apaisement.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

« Si vous voulez enterrer la hache de guerre, nous y sommes prêts », a lancé le vice-président du parti pro-kurde BDP Selahattin Demirtas devant des dizaines de milliers de sympathisants.

La foule était calme. Devant elle, il a salué sans complexe les « trois révolutionnaires et martyres de la cause kurde », sans toutefois prononcer le nom du PKK, le parti auquel elles appartenaient.

Un discours marqué par les appels à la paix, bien plus que par le désir de vengeance. Mais M. Demirtas a tout de même interpelé le chef du gouvernement Tayyip Erdogan, qui « parle de paix mais bombarde les camps de la rébellion en même temps ».

Parmi les autres élus kurdes prenant la parole, Ahmet Türk a, lui aussi en langue kurde, salué la mémoire des trois martyres du Kurdistan, dernières d’une longue liste de victimes, « fleurs de la résistance d’un peuple meurtri ».

Pourvu que la paix ne soit pas menacée, a conclu M. Türk. Les dépouilles des trois militantes vont désormais rejoindre leurs villages natals, où elles seront enterrées.

Si dans ces trois villes, les enterrements se déroulent, comme ces funérailles à Diyarbakir, sans provocation ni violence, alors la Turquie respirera un grand coup, et pourra se remettre à espérer que les négociations entre le gouvernement et le chef rebelle Abdullah Öcalan mènent à la fin de ce long et meurtrier conflit.

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