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Irlande

Irlande: le Premier ministre Kenny s'excuse auprès des victimes des couvents de la Madeleine

Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny.
Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny. REUTERS/Eric Vidal
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le Premier ministre irlandais Enda Kenny a présenté des excuses officielles mardi 19 février, devant le Parlement de Dublin, à plus de 10 000 femmes maltraitées dans des couvents disciplinaires ou « blanchisseries de Sainte-Madeleine », entre 1922 et 1996. Enda Kenny a aussi annoncé que ces victimes recevront une compensation financière de l’Etat irlandais.

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Avec notre correspondant à Dublin, Hervé Amoric

Un rapport officiel a été publié le 5 février sur ces blanchisseries où ont été internées et maltraitées les jeunes filles envoyées par l’Etat dans ces couvents où elles étaient privées d’éducation et traitées comme des esclaves par les organisations religieuses responsables.

Ce rapport s’ajoute aux trois rapports de juges irlandais publiés dans les trois dernières années, qui accablent l’Eglise et l’Etat en dressant un catalogue de violences et d'abus perpétrés sur des enfants dans les écoles, les orphelinats et toutes les autres institutions gérées par des confréries religieuses catholiques, dans les 70 dernières années. 

« C'était de l'esclavage »

A l’âge de 12 ans, Maureen Sullivan était victime de violences à la maison. Le prêtre de sa paroisse a convaincu ses parents de l’envoyer dans un couvent disciplinaire. Maureen est ainsi devenue l’une des plus jeunes blanchisseuses de Sainte-Madeleine. A son arrivée, on lui a pris jusqu’à son nom. Le matin elle était conduite à la blanchisserie à 7h et elle travaillait jusqu’à 23h. Sans paie, sans école, sans éducation, elle était souvent humiliée, battue.

Maureen se souvient de cette jeunesse-là en ce terme : « C’était de l’esclavage ». L’esclavage existait encore dans ces blanchisseries irlandaises, jusqu’en 1996. Pour Maureen, ces excuses du Premier ministre Enda Kenny, au nom de l’Irlande, sont « un rêve qui devient réalité ». Maureen espère qu’Enda Kenny sera aussi sincère dans ses actes qu’il l’a été dans ses paroles. Le Premier ministre était visiblement ému en évoquant devant son Assemblée nationale la souffrance de ces femmes.

Ses excuses seront accompagnées d’une compensation financière pour chacune des quelque 800 survivantes. Il était grand temps que l’lrlande soit confrontée à ce chapitre sombre de son histoire.

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