Grèce

Grèce: une mission de l'ONU dénonce les conséquences sociales des mesures d'austérité

Un climat de dépression généralisée régnerait en Grèce. (Photo: marche contre l’austérité des retraités grecs, 19 avril 2013).
Un climat de dépression généralisée régnerait en Grèce. (Photo: marche contre l’austérité des retraités grecs, 19 avril 2013). REUTERS/Yorgos Karahalis

L'ONU menait une mission cette semaine en Grèce pour évaluer les conséquences humanitaires de la crise et de la politique d'austérité. Les conclusions, alarmantes, ont été rendues aujourd'hui à Athènes devant la presse : de nombreux droits sont menacés et les décideurs politiques devraient en tenir compte, selon l'ONU.

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Avec notre correspondante à Athènes, Amélie Poinsot

Droit au logement, au travail, à la sécurité sociale : autant de droits fondamentaux sacrifiés sur l'autel de l'austérité. C'est ce qui ressort des conclusions de Cephas Lumina, l'expert mandaté par l'ONU en Grèce.

« La Grèce est le seul pays de la zone euro où il manque une structure complète d’assistance sociale avec un réseau de sécurité sociale qui puisse fonctionner en dernier ressort, explique-t-il. Or les allocations chômage expirent au bout de 12 mois, et lorsqu'elles s'arrêtent, le chômeur perd ses droits à la couverture maladie. »

« L'impact social continue d'être sévère »

Au-delà des droits sociaux, c'est aussi le principe d'égalité qui est aujourd'hui remis en cause. Différences de traitement entre les hommes et les femmes, violences racistes à l'égard des immigrés et impunité des coupables : le tableau est désolant.

« Le but affiché des mesures d'austérité étaient de réduire le déficit budgétaire, de réduire le coût du travail et de rendre l'économie plus compétitive, poursuit l'expert. Mais d'après les informations dont nous disposons, l'économie est toujours en récession, et l'impact social continue d'être sévère. »

Cephas Lumina a également manifesté son inquiétude face aux privatisations en cours : les services publics comme l'accès à l'eau ou l’électricité ne devraient selon lui pas être vendus. Toutes ces recommandations seront adressées au gouvernement grec et à la Troïka. Mais nul ne sait si elles seront entendues.

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