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Grèce

Grèce: le Parlement adopte une loi qui va permettre le licenciement de 15 000 fonctionnaires

Des manifestants brûlent un mannequin représentant un travailleur grec, lors du rassemblement du dimanche 28 avril à Athènes.
Des manifestants brûlent un mannequin représentant un travailleur grec, lors du rassemblement du dimanche 28 avril à Athènes. REUTERS/John Kolesidis
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le Parlement grec a adopté dans la nuit de dimanche à lundi une loi ouvrant la voie au licenciement des fonctionnaires : première mesure du genre en Grèce, elle concerne 15 000 agents de la fonction publique, qui devront être remerciés entre cette année et l'an prochain. Devant le Parlement, des manifestants étaient rassemblés pour s'opposer à ce projet de loi.

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Avec notre correspondante à Athènes, Amélie Poinssot

Désormais, les fonctionnaires grecs ne sont plus à l'abri du chômage : 15 000 d'entre eux seront licenciés d'ici à l'an prochain. Certains seront renvoyés pour faute professionnelle, mais pour les autres, ce seront des suppressions de postes pures et simples. Le projet de loi comprenait en outre d'autres mesures, parmi lesquelles un programme pour employer des chômeurs sur contrat dans l'administration territoriale pour un salaire de 490 euros net par mois, ce qui est inférieur au salaire minimum actuel.

S'il a suscité la colère de l'opposition, ce projet de loi a été adopté sans surprise par une majorité de députés,168 sur 300 : tous les membres des trois partis de la coalition gouvernementale ont donné leur feu vert à ces nouvelles mesures exigées par la Troïka en échange de la poursuite des versements des prêts promis à la Grèce. L'opposition a dénoncé la procédure d'urgence avec laquelle cette loi a été votée : déposée vendredi au Parlement, elle n'a fait l'objet que d'une journée de débats. Un vote précipité donc, mais qui met fin à deux mois d'attente au cours desquels les experts de la Troïka sont passés à deux reprises.

« La fin de l'Etat-providence »

Cela faisait plus d'un siècle que le principe d'inamovibilité des fonctionnaires était inscrit dans la Constitution grecque. La remise en cause de ce statut suscite la colère de nombreux agents de l'Etat, comme cette enseignante de collège, venue manifester dimanche 28 avril devant la Parlement.

« Avec le prétexte de la crise, ils se lancent dans une véritable attaque du droit du travail. Car ils s'attaquent aux droits des enseignants, et des fonctionnaires en général, à un emploi stable et à durée indéterminée », expose l’enseignante. Pour elle, « cela entraîne une plus grande insécurité et la dégradation des services rendus aux citoyens. Et, plus généralement, leur objectif est de faire un Etat beaucoup plus petit, plus souple. Autrement dit, c'est la fin de ce que l'on appelait l'Etat-providence. »

« Une impasse »

Cette mesure, comme les précédentes, pourrait bien se propager ailleurs en Europe. C’est ce que prédit Costas Tsikrikas, président du syndicat de la fonction publique. « Le même type de mesures a commencé à être appliqué dans toute l'Europe du Sud, et pas seulement », note le syndicaliste. « Mais cette politique est une impasse et elle est inefficace. Au lieu de nous sortir de la crise, elle la renforce ! Car, quand les revenus disponibles diminuent, la demande diminue, et la récession et le chômage se renforcent. Cette politique a détruit l'économie européenne », accuse-t-il.

Les syndicats ont par ailleurs donné rendez-vous dans quelques jours pour le cortège traditionnel du 1er mai. Plusieurs secteurs seront en grève, ce mercredi en Grèce.

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