ISLANDE

Islande: l’opposition de centre-droit prend les rênes du pays

Bjarni Benediktsson, leader du Parti de l'indépendance, le 28 avril 2013 à Reykjavik.
Bjarni Benediktsson, leader du Parti de l'indépendance, le 28 avril 2013 à Reykjavik. REUTERS/Sigtryggur Johannsson
Texte par : RFI Suivre
4 mn

C’est une victoire indiscutable qu’ont remportée les deux principaux partis d’opposition lors des élections législatives islandaises. Les résultats définitifs ont été publiés et le Parti de l’indépendance (droite) comme le Parti du progrès (centre) ont obtenu tous deux 19 sièges, les mettant en position de négocier une coalition de gouvernement. Le conservateur Bjarni Benediktsson s’est d’ores et déjà porté candidat au poste de Premier ministre. La gauche, jusque-là au pouvoir, est elle durement sanctionnée.

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C’est une nette victoire pour l’opposition de centre-droit islandaise. Le Parti de l’indépendance est arrivé en tête avec 26,7 % des voix aux élections législatives de samedi, ce qui lui donne 19 sièges au Parlement. Le parti est donc en position de négocier une nouvelle coalition gouvernementale.

Son leader - qui revendique le siège de Premier ministre - Bjarni Benediktsson, devrait gouverner avec le soutien du Parti du progrès (centriste et agrarien), qui a obtenu 24,4 % des suffrages et 19 députés également.

La gauche en déroute

C’est une déroute pour les partis du gouvernement de gauche qui perdent la moitié de leurs députés. L'Alliance (sociaux-démocrates) tombe à 12,9 % des voix, soit 9 sièges. Son allié, le Mouvement gauche-Verts, obtient 10,9% des voix, soit 7 sièges.

Cette victoire signe sans doute la fin de la candidature du pays à l’Union européenne, lancée en 2009. Les deux partis de droite arrivés en tête y sont, en effet, opposés.

La participation à ces élections a été de 83,3%, un bon chiffre compte tenu du scepticisme de la population vis-à-vis de la classe politique. La campagne électorale a été dominée par le mécontentement des Islandais face à leur condition économique, et en particulier par les questions d'endettement des ménages.

Qui est Bjarni Benediktsson, futur Premier ministre islandais ?

Bjarni Benediktsson, 43 ans, revendique le siège de Premier ministre. Avocat de formation, il est parlementaire depuis 2003 et président de son parti depuis 2009. Il devrait avoir du mal à incarner l'alternance car il sera à la tête de la même coalition de droite qui a fait plonger l'Islande dans la crise il y a cinq ans et qui a provoqué, à la suite de manifestations géantes, les élections législatives de 2009.

Pur produit de l'élite financière du pays, il va avoir d'autant plus de mal à se débarrasser de cette image. Ses adversaires lui reprochent d'avoir joué un rôle dans les transactions suspectes de la troisième banque du pays avant la crise financière. Pendant la campagne électorale la presse l'a mis en cause l'accusant lui et sa famille d'avoir bénéficié d'un prêt début 2008, au moment où les banques étaient en grande difficulté.

A quelques semaines du scrutin, il était d'ailleurs contesté à l'intérieur même de son parti. C'est son intervention télévisée à la suite de cette mise en cause qui lui a permis de d'émouvoir les Islandais et de remonter dans les sondages.
 

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