Russie

Russie: un an après, l'opposition dans la rue pour la libération des «prisonniers du 6 mai»

« Non à la violence politique », peut-on lire sur cette pancarte, dans la manifestation qui a rassemblé des milliers d’opposants à Vladimir Poutine à Moscou, ce lundi 6 mai.
« Non à la violence politique », peut-on lire sur cette pancarte, dans la manifestation qui a rassemblé des milliers d’opposants à Vladimir Poutine à Moscou, ce lundi 6 mai. REUTERS/Maxim Shemetov

Le 6 mai 2012, un rassemblement à la veille du retour au Kremlin de Vladimir Poutine avait dégénéré et avait été violemment réprimé par la police. Ce lundi 6 mai 2013, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Moscou pour réclamer la libération de seize «prisonniers du 6 mai» arrêtés alors et qui risquent dix ans de prison. Le rassemblement a été assombri par la mort d’un ouvrier qui installait la scène sur laquelle devaient défiler les figures de l’opposition.

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Avec notre correspondante à Moscou, Anastasia Becchio

Les orateurs défilent sur un camion aménagé en tribune. La grande scène, prévue pour la manifestation, en partie démontée, est bouclée pour les besoins de l’enquête. La sono, peu puissante, n’atteint pas les rangs les plus éloignés.

Dans la foule, qui s’étire sur plusieurs centaines de mètres, Vladimir n’entend ni ne voit ce qui se passe sur la petite scène. Mais il tient quand même à rester. « Les répressions continuent, et s'accentuent, même. C'est pour cela que je suis venu, pour montrer, avec tous ces gens, que nous ne sommes pas d'accord avec cette politique que mène l'administration poutinienne », expose-t-il.

À quelques centaines de mètres de là, l’orateur le plus attendu de la soirée monte enfin sur scène, sous les applaudissements nourris. Alexeï Navalny, l’opposant numéro 1 à Vladimir Poutine, qui fait l’objet de plusieurs enquêtes pénales qu’il estime « politiques », se lance dans une violente attaque contre le pouvoir actuel.

« Ce qu'ils aiment dans ce pays, c'est le pétrole, le gaz, mais ils n'aiment pas le peuple qui a l'audace de demander de mettre fin aux vols, à la corruption », a lancé Alexeï Navalny depuis tribune. « Nous allons raconter à chaque citoyen de ce pays que le pouvoir a été pris par Poutine, qui est un voleur, un homme corrompu, un hypocrite ! ».

Alexeï Navalny est actuellement jugé pour détournement de fonds dans une affaire où il risque jusqu’à 10 ans de prison.

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