Italie

Italie: les multiples facettes de l’ancien président du Conseil, Giulio Andreotti

L’ancien président du Conseil Andreotti, ici en janvier 2005, est mort lundi 6 mai à l’âge de 94 ans.
L’ancien président du Conseil Andreotti, ici en janvier 2005, est mort lundi 6 mai à l’âge de 94 ans. REUTERS/Alessandro Bianchi/Files

L’ancien président du Conseil, Giulio Andreotti, est mort lundi 6 mai à l’âge de 94 ans. Au sein de la classe politique, il était une figure respectée, mais aussi controversée pour ses liens supposés avec la mafia. La presse, bien sûr, revient largement sur les multiples facettes de l'ancien chef du gouvernement ce mardi matin.

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Avec notre correspondant à Rome, Eric Joszef

Le « pouvoir » est le thème qui ce mardi matin revient comme une litanie en Une de tous les journaux italiens, pour évoquer la mort à 94 ans de Giulio Andreotti, qui fut sept fois président du Conseil, 21 fois ministre, et le détenteur d’innombrables secrets.

Sobrement, le quotidien Il Messagero titre : « Andreotti, une vie au pouvoir », en estimant que son action fut un mélange de bien et de mal, typique purgatoire. Andreotti disait lui-même : « C’est le bon endroit pour moi ».

« Andreotti, le symbole du pouvoir », reprend le Corriere della Sera, qui parle d’un Talleyrand débonnaire et mystérieux, et rappelle qu’il fut sur le devant de la scène pendant 60 ans, mais aussi qu’il fut accusé de collusion avec la mafia.

Hommage tiède de Napolitano

La Republica parle d’ailleurs des mystères du pouvoir et souligne que l’actuel chef de l’Etat Giorgio Napolitano lui a rendu un hommage assez tiède, en indiquant que l’histoire jugera son action.

Symbole de la démocratie chrétienne, La Stampa rappelle de son côté qu’il fut aussi l’anti-communiste qui, par réalisme politique, acceptait en 1976, de gouverner pour la première fois avec le PCI.

La Stampa évoque aussi sa politique étrangère pro-arabe, qui provoqua l’irritation de Washington et ses liens toujours très étroits de ce catholique avec le Vatican.

« Le cynisme au pouvoir », souligne de son côté Il facto quotidiano, tandis que Libero salue la mémoire de celui qu’on l’on appelait « l’inoxydable ou Belzébuth », en dressant une longue liste de ses phrases célèbres : « Le pouvoir n’use que celui qui ne l’a pas », ou encore : « A penser le pire, des gens commettent un péché, mais on se trompe rarement ».

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