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Belgique

Belgique : les indépendantistes flamands s’en prennent au prince héritier Philippe

Bart De Wever, le leader des indépendantistes flamands.
Bart De Wever, le leader des indépendantistes flamands. REUTERS/Yves Herman
5 mn

En Belgique, les prochaines législatives auront lieu dans un an, au printemps 2014. Ces élections sont vues dans le royaume comme une échéance à haut risque. Entre la crise politique profonde que le plat pays a dû traverser après les précédentes législatives où les partis victorieux ont mis plus de dix-huit mois (un record mondial) pour former un gouvernement, et les revendications de plus en plus poussées des séparatistes flamands qui volent de victoire en victoire, le pays reste sous tension. Dernière poussée de fièvre en date : la parution au milieu de la semaine d’une attaque en règle contre le prince héritier.

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Un ensemble de lettres adressées par la plupart des partis politiques flamands à Philippe de Belgique, le fils aîné du roi Albert II, ont été publiées dans l’édition de cette semaine de l’hebdomadaire néerlandophone Knack, très lu en Flandre. Les seuls à n’avoir pas désiré participer à ce chamboule-tout sont les socialistes flamands du SP-A.

Dans l’ensemble, les lettres ne sont pas tendres envers le prince héritier. Les libéraux du VLD l’accusent à demi-mot de ne pas assez bien connaître la Flandre et les Flamands. Les chrétiens-démocrates du CD&V affirment que l’institution monarchique est anachronique. Et ce sont là les moins virulents.

Les écologistes de Groen vont dans le même sens mais mettent les pieds dans le plat en tutoyant carrément le prince Philippe et lui disent pour résumer : « Le pouvoir politique que tu reçois par hasard, parce que tu es le fils de ton père, est d’un autre temps ».

Mais ce n’est rien comparé au texte du chef de file de la N-VA, l’Alliance néo-flamande, qui tire à boulets rouges sur la famille royale, décrite comme comateuse. Bart De Wever  accuse le prince d’être emprunté en public et préconise de le décharger de son devoir royal.

L’institution royale : ennemi préféré des indépendantistes flamands

Le leader flamand attise savamment le feu sous les ressentiments réels ou supposés envers tout ce qui est lié à la famille royale. Les Flamands, qui représentent près des trois cinquièmes de la population belge, et les partis nationalistes, séparatistes ou indépendantistes ont assez rapidement ciblé le roi avec un Etat central, dont ils souhaitent qu’il disparaisse ou qu’il soit réduit à la portion congrue.

Le prince Philippe de Belgique a malheureusement pour lui l’image d’un homme réservé et qui manquerait d’aisance en public. Ce trait de caractère a été utilisé par l’Alliance néo-flamande N-VA et par d’autres avant elle pour s’attaquer à l’institution royale sans pour autant s’attaquer directement au roi Albert II lui-même.

Cela aurait sans doute été jugé contre-productif dans une Flandre qui historiquement s’était montrée plus royaliste que la Wallonie, en particulier au lendemain de la guerre quand les Flamands ont voté en faveur du retour d’Allemagne du roi Léopold III et les francophones contre. Mais avec le prince Philippe, Bart De Wever n’y va pas avec le dos de la cuiller et fait feu de tout bois pour tenter de ruiner la crédibilité du futur monarque

Des critiques contre le roi lui-même

Ses attaques ne toutefois sont pas inédites. Le chef du N-VA avait critiqué le roi lui-même après le discours de Noël d’Albert II. Dans ce dernier, le monarque mettait en garde les Belges contre la tentation du populisme. La N-VA a pris cette remarque à cœur et l’avait vécu comme une assimilation aux partis fascistes des années trente. Bart De Wever avait accusé le roi de ne pas remplir son rôle de monarque au-dessus de la mêlée et avait parlé d’une monarchie de division.

Le magazine Knack a choisi de publier cette semaine les lettres ouvertes parce qu’après l’avènement du roi Guillaume-Alexandre aux Pays-Bas, le débat a été relancé en Belgique sur la succession d’Albert II. Les indépendantistes flamands rêveraient de voir son rôle politique réduit à des fonctions protocolaires comme dans les autres monarchies européennes.

Or, le roi des Belges participe à la constitution du gouvernement et le rôle d’apaisement d’Albert II a été loué de toutes parts lors de la crise politique. L’avènement d’un prince héritier le plus décrié possible est donc une arme de choix pour les indépendantistes, car cela affaiblirait le rôle de rassemblement national que joue seule la monarchie en Belgique.

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