Union européenne

Un accord européen pour limiter la surpêche

L'Union européenne est la troisième puissance de pêche mondiale derrière la Chine et le  Pérou.
L'Union européenne est la troisième puissance de pêche mondiale derrière la Chine et le Pérou. AFP PHOTO / Miguel RIOPA
Texte par : Myriam Berber
3 mn

Les vingt-sept ministres européens de la Pêche et le Parlement de Strasbourg ont conclu, dans la nuit du mercredi 29 au jeudi 30 mai 2013, un accord pour limiter les pratiques de surpêche dès l’an prochain. L’objectif à terme est de reconstituer les stocks en baisse.

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Depuis quelques années, la pêche connaît une crise sans précédent. Surexploitation des océans, développement de la pêche industrielle, dégradation de l’environnement : la surpêche fait des ravages. L’Union européenne est, aujourd’hui, la troisième puissance de pêche mondiale, derrière la Chine et le Pérou, et ses ressources déclinent en raison de la surpêche. Plus de 50% des stocks en Atlantique sont surexploités et 80% des stocks en Méditerranée le sont aussi.

Un déclin qui touche particulièrement les gros poissons prédateurs, tels que le thon, l’espadon, et la morue. La faute aux Européens qui consomment de plus en plus de produits de la mer. Leur consommation augmente mécaniquement : 2% par an, car les protéines de poissons, moins grasses, sont très demandés sur le Vieux Continent. Un Européen consomme 23 kilos de produits de la mer par an. Le Français, lui, en consomme en moyenne 35 kilos.

Inciter les pêcheurs à être plus sélectifs

Pour limiter les pratiques de surpêche et ramener les stocks à un niveau qui permet le renouvellement des espèces, l’Europe a décidé d’interdire les rejets de poissons par-dessus bord, une pratique courante chez les pêcheurs. Le compromis, conclu ce jeudi 30 mai 2013, prévoit de limiter à 5% la quantité des poissons non commercialisables, pouvant être rejetés par-dessus bord car trop petits, abîmés ou hors quotas, et qui représentent aujourd'hui jusqu'à un quart des captures totales de l'Union européenne.

Les poissons qui, pour la plupart, meurent après leur rejet, devront être débarqués par les pêcheurs, pour les inciter à être plus sélectifs. « Nous mettons fin aux rejets et nous avons trouvé des moyens pratiques pour mettre cette interdiction en œuvre », a déclaré Simon Coveney, le ministre irlandais de l’Agriculture.

Diminuer la taille des bateaux

Mais pour les organisations environnementales, dont Greenpeace, Pew, Oceana ou WWF qui militent, depuis des années, pour des pratiques plus durables, il faut avant tout changer les méthodes de capture. Autrement dit, ne pas aller pêcher dans les zones où il y a une énorme quantité de rejets. Et pour cela, il faut diminuer la taille des bateaux, car les chalutiers industriels opèrent une pêche destructive et pas sélective. Plus d’un quart des prises de ces chalutiers sont rejetées à la mer.

C’est pourquoi bon nombre d’associations mènent actuellement une campagne sur le thème « Petite pêche, grand avenir » (voir la vidéo ci-dessous). Selon Greenpeace, la pêche artisanale en Europe représente 9% des débarquements de poissons, mais 30% de la valeur débarquée. Elle permet également de créer davantage d'emplois que la pêche industrielle, puisqu’elle représente la moitié des emplois du secteur.

 

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