Turquie

Turquie: le président Gül dit avoir «entendu» le message des manifestants

Le président turc, Abdullah Gül (d.), et le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan (g.), le 29 mai dernier. La crise actuelle souligne les tensions entre les deux hommes.
Le président turc, Abdullah Gül (d.), et le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan (g.), le 29 mai dernier. La crise actuelle souligne les tensions entre les deux hommes. REUTERS/Murad Sezer
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le président de la République, Abdullah Gül, a pris la parole ce lundi 3 juin, pour la première fois depuis le début de la contestation qui secoue le pays depuis quatre jours. Tentant d’apaiser les tensions, Abdullah Gül dit avoir « entendu » le message de la rue. Il reconnaît également, en creux, la validité des critiques portées à l’encontre du Premier ministre Tayyip Erdogan, jugé autoritaire par les protestataires.

Publicité

« Le message a été entendu », a dit le chef de l’Etat dans une intervention publique plutôt rare, ce lundi 3 juin. C’est la première intervention du président turc depuis le début des événements, même si c’est bien sur instruction d’Abdullah Gül, samedi 1er juin, que le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait fait marche arrière et demandé de retirer les forces de police de la place de Taksim.

« La démocratie, ce n’est pas seulement les élections », a estimé le président de la République, prenant l’exact contrepied du message du chef du gouvernement. Dimanche soir encore, celui-ci se félicitait en effet des scores électoraux de son parti de la Justice et du Développement (AKP), et promettait de mener à terme son programme, fort du mandat électoral qui lui avait été donné.

Une fracture de plus en plus nette à la tête de l'Etat

Autre message du président de la République : « Tout le monde doit se sentir libre dans son pays. » Encore une allusion à la contestation, qui estime que l’AKP restreint les libertés et l’expression des opinions divergentes.

Le message du président Abdullah Gül s’adresse donc aussi, et peut-être en premier, à Recep Tayyip Erdogan. Il souligne en tout cas la différence de style entre les deux hommes, et montre une fracture de plus en plus apparente à la tête de l’Etat. Mais il n’est pas sûr que cette déclaration suffira à calmer les manifestants qui attendant des actes forts, et plus seulement des mots.

Les manifestations du 2 juin en images :

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail