Turquie

Turquie : l’homme debout de la place Taksim

Le chorégraphe Erdem Gündüz est resté debout plus de 8 heures, figé sur la place Taksim, à Istanbul, pour honorer la mémoire des quatre victimes des manifestations durement réprimées du 17 juin dernier.
Le chorégraphe Erdem Gündüz est resté debout plus de 8 heures, figé sur la place Taksim, à Istanbul, pour honorer la mémoire des quatre victimes des manifestations durement réprimées du 17 juin dernier. REUTERS/Marko Djurica

La place de Taksim est rouverte à la circulation des piétons depuis le lundi 17 juin 2013, après un week-end de violences, des centaines d’arrestations. Il reste un cordon de policiers permanents, mais plus de force antiémeute. La nuit dernière, quelques manifestations ont été dispersées par la police dans divers quartiers de la ville, mais la place de Taksim a surtout été le théâtre d’une nouvelle forme de manifestation, totalement pacifique, qui s’est terminée au commissariat de police pour une brève garde à vue.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Il s’est planté au milieu de la place, face au centre culturel Atatürk, un peu avant la tombée de la nuit et est resté là immobile, debout, durant plus de huit heures. Sans dire un mot, sans la moindre pancarte, sans le moindre drapeau, sans la moindre revendication. Erdem Gündüz - c’est le nom de cet homme debout – est un artiste chorégraphe de 34 ans qui n’en est pas à sa première action du genre.

Intervention policière sans violence

Au bout de quelques heures, la nouvelle de son action commençant à circuler sur les réseaux sociaux, le protestataire a été rejoint par quelques autres personnes, anonymes, qui sont devenues plusieurs dizaines. Et comme c’était à prévoir, vers 2 h du matin la police est alors intervenue, sans violence, contre ces manifestants un peu particuliers, pour les emmener et prendre leur déposition. Ils ont tous été relâchés.

Dans une brève déclaration, Erdem Gündüz a indiqué avoir voulu honorer la mémoire des quatre victimes des manifestations de Taksim, durement réprimées à Istanbul et dans plusieurs villes du pays. Il promet de continuer son action durant un mois, mais il n’est pas sûr que les forces de sécurité le laissent faire, même si son geste reste totalement inoffensif.

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