Turquie

Turquie: la place Taksim renoue avec la violence

A Istanbul, les manifestants ont été dispersés par les canons à eau et les gaz lacrymogènes de la police.
A Istanbul, les manifestants ont été dispersés par les canons à eau et les gaz lacrymogènes de la police. REUTERS/Marko Djurica

Les manifestations et les heurts reprennent en Turquie. Des milliers de manifestants se sont rassemblés ce samedi 22 juin place Taksim à Istanbul, pour la première fois depuis une semaine, avant d’être brutalement dispersés par la police. Des centaines d’autres ont également défilé à Ankara.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

La foule était nombreuse à avoir répondu à l’appel à venir déposer un œillet dans le parc Gezi, à Istanbul, en commémoration de sa tragique expulsion il y a deux semaines. Le rassemblement avait d’ailleurs été autorisé par la police.

Mais cette forte affluence inattendue a sans doute inquiété les forces de l’ordre. Malgré l’atmosphère bon enfant du regroupement, celles-ci ont rapidement ordonné sa dispersion puis fait intervenir les canons à eau. Selon le gouverneur d’Istanbul, c’est pour rétablir une circulation normale que la décision d’intervenir a été prise.

La foule a ensuite été repoussée sans ménagement dans les artères convergeant vers Taksim où les policiers ont cette fois fait usage de gaz lacrymogènes. De nouvelles bagarres de rue ont alors rapidement éclaté, durant jusque très tard dans la nuit.

Dans la grande avenue piétonne Istiklal, des barricades ont été érigées puis démontées par les forces anti-émeutes. Jusqu’à 2h du matin, l’odeur de gaz lacrymogènes était fortement présente dans le centre-ville, alors que résonnaient à nouveau des concerts de casseroles.

Les mêmes scènes de répression brutale se sont reproduites à Ankara. Reste maintenant à savoir comment le gouvernement pense gérer à moyen ou long terme ce mécontentement qui, décidément, ne faiblit pas.

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