LUXEMBOURG

Luxembourg: quel avenir pour Juncker après l'annonce de sa démission?

Jean-Claude Juncker, le 27 juin 2013 à Bruxelles.
Jean-Claude Juncker, le 27 juin 2013 à Bruxelles. REUTERS/Yves Herman

Jean-Claude Juncker a passé dix-huit ans à la tête du gouvernement luxembourgeois, une période qui pourrait bien prendre fin prochainement. Le Premier ministre va en effet présenter sa démission ce jeudi au Grand-Duc. Il a été lâché par ses alliés socialistes mercredi, sans lesquels il n’a plus la majorité.

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Avec notre bureau de Bruxelles

Jean-Claude Juncker a été lâché par ses alliés socialistes et a annoncé sa démission après 18 ans passés à la tête du gouvernement luxembourgeois. Il faut y voir l’épilogue parlementaire d’une accumulation de révélations sur les dérives en tout genre du service de renseignement luxembourgeois, unité administrative dont le Premier ministre a la responsabilité politique directe.

Mercredi, aucun député n’a mis en cause la probité ni la compétence personnelle de Jean-Claude Juncker, dont les épisodes parfois rocambolesques, révélés par le grand déballage au rythme duquel vit le Grand-Duché depuis six mois. Ses adversaires politiques lui reprochent toutefois d’avoir manqué de vigilance vis-à-vis des cow-boys comploteurs et affairistes, qui ont longtemps peuplé les services spéciaux luxembourgeois.

Pas une fin de carrière politique pour autant

Cette démission n’est pas pour autant forcément synonyme de fin de carrière politique en ce qui concerne Jean-Claude Juncker. Cette décision va créer davantage d’inconvénients pour ses partenaires socialistes, au sein de la coalition sortante, lorsque se tiendront en octobre, les législatives anticipées.

Car ce sont les socialistes, qui, par leur vote favorable à l’adoption d’un rapport sur les services spéciaux, rédigé par l’un des leurs, et accablant pour Jean-Claude Juncker, ont hâté la crise et provoqué la chute du gouvernement.

Jean-Claude Juncker demeure l’élu le plus populaire du Grand-Duché, et s’il mène, comme c’est vraisemblable, son parti démocrate-chrétien à la bataille électorale cet automne, il semble assuré de l’emporter sur les socialistes comme sur les libéraux. Du coup, c’est peut-être plutôt avec ces derniers qu’il peut être tenté de former l’inévitable coalition, en reléguant dans l’opposition un parti socialiste divisé.

Ce scénario n’a rien pour déplaire à Jean-Claude Juncker, qui, du coup, est libéré de la contrainte de législatives tenues traditionnellement le même jour que les européennes, et qui pourrait dès lors, briguer l’an prochain une haute fonction européenne en position de force, et sans avoir à mener simultanément une campagne électorale.
 

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