Italie

Italie : double opération anti-mafia à Rome et en Calabre

L'Italien Eugenio Ferrano (2e en partant de la droite), l'une des 51 personnes arrêtées lors de l’opération anti-mafia à Ostie, est emmené par la police. Rome, le 26 juillet 2013.
L'Italien Eugenio Ferrano (2e en partant de la droite), l'une des 51 personnes arrêtées lors de l’opération anti-mafia à Ostie, est emmené par la police. Rome, le 26 juillet 2013. AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO
Texte par : Béatrice Leveillé
3 mn

La police italienne a lancé vendredi 26 juillet, à l’aube, deux opérations anti-mafia d’envergure : une à Rome contre des mafieux liés à la Cosa Nostra et l’autre en Calabre contre la N’drangheta.

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Joli doublé pour la police italienne : à Rome, pas moins de 500 policiers, appuyés par un hélicoptère et les patrouilles de la police maritime, ont participé à l’opération anti-mafia, la plus importante jamais lancée dans la capitale italienne. La cible: le saint des saints du crime romain et sicilien, les familles Fasciani, Triassi et D'Agati, liées à la Cosa Nostra, la mafia sicilienne. Elles se répartissaient depuis des années les affaires criminelles, dans la capitale, en particulier sur le littoral. Depuis vingt ans, il existait une sorte de « pax mafiosa » qui leur permettait de mener tranquillement leurs affaires : trafic de drogue, usure, extorsion de commerçants, contrôle du marché des machines à sous, infiltration dans les appareils administratifs pour l'octroi de logements sociaux, contrôle d'activités balnéaires sur les plages d'Ostie.

« Au Fasciani, le pizzo (l'impôt extorqué par la mafia), au Triassi, le monopole du trafic de drogue et d'armes », a précisé le chef du parquet, Giuseppe Pignatone. Les entrepreneurs qui refusaient de s'acquitter du pizzo étaient l'objet de violentes intimidations. Et si l'un d'entre eux n'était pas en mesure de payer, les mafieux lui « prêtaient » de l'argent à des taux prohibitifs. L’ultime objectif étant de s'approprier le business de la victime. Quarante-cinq personnes ont été arrêtées et 16 commerces - restaurants et centres de location de voitures - ont été mis sous séquestre. L’opération baptisée « Nouvelle aube » par opposition à « La longue nuit » que la mafia a imposée à la Ville éternelle, a permis de donner « un coup mortel à la cellule mafieuse opérant depuis des années dans la capitale », affirme la police dans un communiqué.

Un autre coup de filet en Calabre

En Calabre, c’est la N’drangheta qui était visée à Lamezia Terme, dans la région de Catanzaro. Soixante-cinq mandats d’arrêt ont été émis. Il ne s’agit pas de menu fretin. Parmi les personnes concernées : « Des entrepreneurs, des politiciens et des avocats », a indiqué Mario Viola, ainsi que des médecins et des personnels de l'administration pénitentiaire. Un sénateur du parti de Silvio Berluconi, le PDL, Piero Aiello, a été placé sous enquête pour avoir « acheté » des voix aux élections par l'intermédiaire de la mafia, tandis qu'un membre du même parti, conseiller provincial et actuel vice-président de la société de gestion de l'aéroport de Lamezia Terme, a été arrêté. Outre le délit d'association mafieuse, certaines des personnes arrêtées sont accusées d'homicides perpétrés dans le cadre d'une guerre interne à la mafia calabraise entre 2005 et 2011.

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