Europe / Aéronautique

EADS s'appelle désormais Airbus et maintient ses objectifs

Le stand d'EADS lors du salon aéronautique de Berlin, le 13 septembre 2012.
Le stand d'EADS lors du salon aéronautique de Berlin, le 13 septembre 2012. REUTERS/Tobias Schwarz/files

Le groupe aéronautique EADS a décidé, mardi 30 juillet 2013, en conseil d'administration, le regroupement de ses secteurs défense et espace, ainsi qu'un changement de patronyme. Le groupe souhaite ainsi augmenter sa compétitivité, même s’il se porte déjà très bien puisqu'il a publié ce mercredi matin des résultats en hausse.

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Il va y avoir du changement chez EADS. Le patron du groupe aéronautique européen, Thomas Enders, a présenté mardi en conseil d'administration son projet de réorganisation. Après avoir déménagé le siège social du groupe à Toulouse, puis réformé l'actionnariat et la gouvernance, Thomas Enders s'attaque aujourd'hui à la filière défense d'EADS et au patronyme du groupe européen.

Thomas Enders souhaite rebaptiser le groupe « Airbus ». Un procédé assez classique, utilisé auparavant par Boeing. Cela permet de capitaliser sur la marque phare du géant européen. Ainsi donc, l'avionneur militaire d'EADS reste Airbus Military, l'avionneur civil devient Airbus Civil Aircraft et Eurocopter s'appellera Airbus Helicopters.

Un poids lourd militaire

Thomas Enders veut fusionner Astrium, la division espace d'EADS, Cassidian, la branche défense et Airbus Military, l'avionneur militaire. L'objectif, c'est de créer une division espace-défense. Un poids lourd militaire, alors que le secteur est frappé de plein fouet par la réduction des budgets militaires européens. A terme, le patron d'EADS compte doubler les marges du groupe, pour atteindre les 10% en 2015.

Mais à l'issue de cette fusion, il pourrait y avoir des suppressions d'emplois. Cette nouvelle structure, qui devrait être opérationnelle d'ici un an, doit dégager des synergies et permettre des économies. Des licenciements sont à redouter, même si Thomas Enders a refusé d'évoquer un chiffre à l'avance. Le projet sera toutefois présenté rapidement aux syndicats.

Des résultats en hausse

L'objectif de cette réorganisation est de gagner en compétitivité. Pourtant, le groupe européen se porte déjà bien. De janvier à juin, EADS a dégagé un bénéfice net de 759 millions d'euros, soit une hausse de 31% par rapport au dernier semestre 2012. Le groupe européen a maintenu ses prévisions pour l'ensemble de l'année, à l'exception des prises de commandes d'Airbus qui ont été revues à la hausse. EADS table sur plus de 1 000 commandes brutes d'avions, contre 800 prévues en mai.

Airbus a encore tiré les résultats de la maison-mère vers le haut. L'avionneur civil a connu une hausse de 63% de son bénéfice d'exploitation entre avril et juin. EADS mise aussi beaucoup sur sa nouvelle division Airbus Defence and Space. Cette filiale, installée à Munich, emploiera 4 500 personnes. Son chiffre d'affaires devrait avoisiner les 14 milliards d'euros.

Bouleversement

Cette réorganisation va bousculer les équilibres nationaux au sein d'EADS. La division espace-défense devrait être installée à Ottobrunn, près de Munich. Le patron allemand de Cassidian, Bernhard Gerwert, devrait également en prendre la tête. Jusque-là, ce n'est que justice puisque les deux autres piliers du groupe, Airbus Civil et Eurocopter, sont dirigés par des Français.

Mais le problème, c'est qu'Astrium passerait sous tutelle allemande. Or cette division spatiale est un bastion de la France. Elle domine notamment le programme Ariane depuis le début. D'autre part, les syndicats français s'inquiètent pour le siège d'Astrium à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine. Va-t-il déménager près de Munich ? Et que va-t-il advenir de ses 150 salariés ?

Querelles de pouvoir

Depuis son arrivée à la tête d'EADS, il y a un peu plus d'un an, Thomas Enders a su diminuer l'importance des Etats dans la gestion courante. Depuis la réforme de la gouvernance passée en décembre, la France et l'Allemagne, qui détiennent 12% du capital d'EADS, n'ont plus vraiment leur mot à dire. Thomas Enders est désormais le directeur opérationnel d'EADS, ce qu'aucun patron exécutif du groupe n'avait jamais réussi à devenir. Il a donc les mains libres pour remodeler le groupe à sa guise. Et ses prétentions hégémoniques commencent à courroucer certains cadres du groupe européen.

D'autant que certains PDG de filiales voient leurs prérogatives et leur visibilité se réduire nettement avec la réorganisation. Par exemple, le président d'Astrium, le Français François Auque, et son homologue d'Airbus Military, l'Espagnol Domingo Urena-Raso, devront désormais rapporter à Bernard Gerwert, à la tête d'Airbus Defence.

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