Turquie

La justice turque s'apprête à rendre son verdict dans l'affaire Ergenekon

Le Premier ministre turc Tayyip Erdogan, le 1er août à Ankara.
Le Premier ministre turc Tayyip Erdogan, le 1er août à Ankara. REUTERS/Umit Bektas

En Turquie, la justice doit rendre son verdict ce lundi 5 août dans l’affaire Ergenekon, ce réseau putschiste supposé qui aurait tenté de favoriser un coup d’Etat militaire pour renverser le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. Des dizaines d'accusés, dont des militaires, des journalistes et des chefs de la pègre, sont écroués depuis 2007 et jugés depuis octobre 2008 dans le cadre de ce procès. L'opposition laïque dénonce un montage visant à l'écarter du champ politique turc. 

Publicité

Les chiffres du procès Ergenekon sont impressionnants : 275 prévenus, dont 66 actuellement emprisonnés. Parmi eux, des journalistes, des chefs de la pègre et des généraux, et notamment l'ancien chef d'état-major Ilker Basbug, qui rejette toutes les accusations. C'est en 2007 que ce réseau présumé a été mis à jour, lors d'une opération anti-terroriste dans un bidonville d'Istanbul, où des armes et des explosifs ont été découverts.

Depuis, d'autres procès contre des groupes de conspirateurs supposés ont été ouverts, et dans le premier à atteindre un verdict, 300 officiers ont écopé de 16 à 20 ans de prison - ce qui a sévèrement entamé le prestige de l'armée, qui pendant des décennies s'est voulue la gardienne des valeurs laïques de la République turque.

Montage

Pour les proches de la mouvance islamo-conservatrice au pouvoir, ces procès s'inscrivent dans les efforts du gouvernement pour instaurer l'Etat de droit et limiter l'influence de l'armée, responsable de trois coups d'Etat depuis 1960. Mais pour les défenseurs de l'héritage politique d'Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne, il s'agit en fait d'un montage destiné à écarter les opposants pro-laïcité.

Dans ce procès Ergenekon (du nom d'une vallée d'Asie centrale d'où serait issu le peuple turc), l'acte d'accusation prévoit la prison à vie pour 64 des accusés. Les autorités ont renforcé les mesures de sécurité aux abords du tribunal de Silivri, par crainte de violences. Les sympathisants des accusés ne seront d'ailleurs pas autorisés à manifester.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail