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Football / santé

Biélorussie: Les «précautions» des Bleus avant un match programmé près de Tchernobyl

Blaise Matuidi (c) et ses coquipiers se sont entraînés lundi soir sur la pelouse du Stade central de Gomel.
Blaise Matuidi (c) et ses coquipiers se sont entraînés lundi soir sur la pelouse du Stade central de Gomel. REUTERS/Vasily Fedosenko
Texte par : Christophe Diremszian
4 mn

L’équipe de France de football passe 36 heures en Biélorussie pour son match des éliminatoires de la Coupe du monde 2014. Les Bleus jouent ce mardi 10 septembre à Gomel, la seconde ville du pays ; elle est située très près de la centrale de Tchernobyl dont le réacteur explosa en avril 1986. Le choix du lieu de la rencontre soulève des questions.

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Avec notre envoyé spécial à Gomel,

Seulement 120 km séparent Tchernobyl et Gomel, ville de 515 000 habitants située dans le sud-est biélorusse. C’était une des régions les plus fertiles de l’ex-République soviétique, elle représente aussi 20% de la population totale du pay. Après l’explosion du réacteur n°4 de Tchernobyl le 26 avril 1986, un fort vent orienté au nord a fait planer les émanations radioactives au-dessus de cette région et sur l'ensemble de l'Europe.

Taux de radiocativité élevé

Comme en Ukraine, les habitants ont été prévenus tardivement de l’accident. Et le pouvoir de l’époque a minimisé la gravité de la situation auprès de la population et les conséquences sur les plans économique et sanitaire. Pour ne citer qu’un exemple, le taux de cancer de la thyroïde chez les enfants a été six fois plus élevé dans la région de Gomel que dans le reste du pays durant la première moitié des années 90 selon une étude de l’AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique).

Aujourd’hui, difficile de dire quelle est encore l’étendue de la contamination. Certains spécialistes estiment que le taux de radioactivité a baissé, d’autres le jugent encore supérieur à la norme pour la consommation. D’ailleurs les autorités de Gomel délivrent toujours des certificats pour attester qu’un produit agricole vendu dans le commerce n’est pas issu d’une zone contaminée. Cette proximité avec Tchernobyl n’a pas manqué de soulever des questions sur l’opportunité d’organiser le match à Gomel.

Pourquoi avoir décidé de faire jouer cette rencontre dans une région à risque ?

Tout simplement parce que le stade de Minsk, où les tricolores avaient déjà disputé un match amical contre les Biélorusses il y a deux ans, est en travaux de remise aux normes Fifa. Et cela pourrait durer encore longtemps car le chantier est actuellement arrêté. Les Bleus ne sont cependant pas la première formation étrangère à venir jouer à Gomel. La Finlande y était venue disputer son match éliminatoire du Mondial en juin dernier. Et en août 2012, les Anglais de Liverpool avaient disputé un match du 3e tour préliminaire de Ligue Europa contre le club de la ville, le FK Gomel. A l’époque, cela n’avait posé aucun problème.

La délégation française a-t-elle pris des précautions ?

Oui. D’abord en n’arrivant à Gomel que lundi à la mi-journée, alors qu’elle aurait pu quitter la Géorgie dès dimanche, comme c’est souvent le cas lorsque deux rencontres s’enchaînent entre le vendredi et le mardi suivant. Ensuite, l’encadrement tricolore a fait venir de Tbilissi sa propre nourriture et ses propres bouteilles d’eau. Mais elle n’a pas beaucoup communiqué sur cette autonomie alimentaire, comme si elle ne voulait pas froisser la susceptibilité des Biélorusses. L’ambassadeur de France a tenu à donner lui-même son avis - très diplomatique - sur la question, en expliquant qu’il n’y avait « aucun risque » à jouer ici, comme pour relativiser le principe de précaution. En fait, des considérations logistiques auraient également guidé cette décision, Gomel n’étant pas forcément à même de répondre à toutes les demandes d’ordre alimentaire pour les joueurs.

 

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