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Portugal / Économie

Au Portugal, la pauvreté gagne du terrain

manifestation contre l'austérité à Lisbonne, le 27 juin 2013.
manifestation contre l'austérité à Lisbonne, le 27 juin 2013. EUTERS/Jose Manuel Ribeiro
Texte par : Marie-Line Darcy
4 mn

Les pays européens en crise sont loin d’être sortis d’affaire. C’est le cas du Portugal, l’un des trois pays à être financièrement aidé par l’Union européenne et le Fonds monétaire international. La pauvreté avance, c’est que différentes organisations non gouvernementales affirment, à commencer par la Banque alimentaire.

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Selon la responsable des banques alimentaires du Portugal, Isabel Jonet, les choses sont loin de s’améliorer pour la population portugaise. Environ deux millions de personnes sur une population totale de 10 millions et demi vivent en dessous ou au seuil de pauvreté. Il est pourtant fixé très bas, à 420 euros par mois.

Depuis le début du programme d’ajustement économique et financier en juin 2011, l’enchaînement des restrictions pour les familles n’en finit pas. Les très fortes augmentations d’impôts successives et accentuées d’ailleurs depuis le début de l’année grèvent les budgets. Les allocations familiales, les avantages fiscaux, les aides à la scolarité sont supprimés. Un seul chiffre tiré de l’enquête récente menée par la Banque alimentaire : 23 % des sondés affirment qu’ils sont en mesure de s’acheter de la nourriture jusqu’à la fin du mois. Ils étaient 49 % en 2010. Au Portugal, on ne meurt pas de faim grâce à des réseaux solidaires et à l’action d’organismes comme la Banque alimentaire.

Pour l’ONG Oxfam, l’austérité accroît les inégalités en Europe

Le Portugal et la Grèce sont explicitement cités. Mais aussi l’Espagne et le Royaume-Uni. La flexibilité exigée dans le monde du travail, directement par les lois ou par l’effet de conséquence des mesures d’austérité et de la crise, fait que des catégories entières de personnes deviennent particulièrement vulnérables. Au Portugal, un chiffre illustre bien cette situation. La légère diminution du chômage cet été, passé de 17,3 % de la population active à 16,5 % est en soi une bonne nouvelle. C’est le premier ralentissement du chômage observé depuis deux ans. Mais plus d’un quart des embauches récentes sont dotées de rémunérations de l’ordre de 310 euros par mois. Et ce sont les jeunes qui sont concernés. Eux-mêmes constituant le gros des chômeurs.

Il est intéressant de noter que le FMI, le Fonds monétaire international, recommande pour le Portugal non seulement de baisser le salaire minimum qui plafonne à 485 euros mensuels, mais aussi de créer un salaire minimum «jeune» inférieur. C’est un peu ce qui se passe avant même d’avoir pris des décisions sur la question.

Le recul du chômage, signe d’une amélioration de la situation économique? 

Il s'agit d'un frémissement, tout au plus. Il est vrai que le chômage a reculé de 0,8 %. Et pour la première fois depuis 2010, le PIB a augmenté de 1,1 % au second trimestre par rapport au 1er trimestre de 2013. Une sortie de récession due à l’augmentation des exportations. Si ces chiffres mis à plat sont une bonne nouvelle, l’inversion de tendance est loin d’être avérée. C’est un résultat lié à la meilleure santé économique européenne en Allemagne et surtout, en France, deux pays fondamentaux pour les échanges économiques avec le Portugal. Personne n’oserait crier victoire.

Les chiffres tombent bien pour le gouvernement de droite au pouvoir. Le Premier ministre a fustigé l’opposition de gauche et d’extrême gauche qui n'a pas sauté de joie à l’annonce des chiffres positifs. Mais il s’est gardé de tout triomphalisme à la veille d’une campagne électorale pour les municipales du 29 septembre. Un premier test électoral pour le Premier ministre Pedro Passos Coelho.

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