Ukraine / UE

L’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE au centre des débats à Yalta

Viktor Ianoukovitch, président ukrainien, lors de son discours devant le forum « YES », à Yalta, ce 20 septembre 2013.
Viktor Ianoukovitch, président ukrainien, lors de son discours devant le forum « YES », à Yalta, ce 20 septembre 2013. REUTERS/Andrei Mosienko/Presidential Press Service

Les discussions entre l’Union européenne et l’Ukraine en vue de la signature d’un accord d’association ont occupé une bonne part des discussions lors de la dixième édition du forum « YES » (Yalta european strategy), qui s’est terminé ce week-end. Parmi les pierres d’achoppement, la condamnation d’Ioulia Timochenko à 7 ans de prison.

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Le palais de Livadia à Yalta, en Crimée, est habitué à recevoir les grands de ce monde. C'est ici qu'en février 1945, Churchill, Staline et Roosevelt ont tenu une conférence secrète pour décider du visage du continent européen d'après-guerre.

Cette année, du 19 au 22 septembre, c'étaient le président Viktor Ianoukovitch, des ministres et des leaders de l'opposition ukrainiens, le couple Clinton, Tony Blair, Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy, ainsi que des dizaines d'autres personnalités, qui ont rêvé la géopolitique de l'Ukraine. Aucune décision n'a été prise à cette dixième édition du forum « Yalta European Strategy » (YES), organisé par Viktor Pinchouk, l’un des hommes les plus riches et influents d'Ukraine.

L'accord d'association Ukraine - Union européenne

A deux mois du sommet du partenariat oriental à Vilnius, où l'Union européenne entend, entre autres, signer un accord d'association ambitieux avec l'Ukraine, l'exercice de style a avant tout permis de tester les déterminations des parties en présence.

« L'Ukraine s'est décidée », a asséné Viktor Ianoukovitch, confirmant sa volonté de signer l'accord d’association. « Maintenant, nous attendons une réponse de l'Europe. » Un engagement accueilli par son homologue lituanienne, Dalia Grybauskaite. Mais, alors que l'exécutif ukrainien est accusé depuis des mois d'une dérive autoritaire dangereuse, elle a rappelé que la signature de l'accord était soumise à une liste de conditions précises : réforme du code électoral, respect du pluralisme politique et fin de la justice sélective, « catastrophique pour la démocratie ».

Le cas Timochenko

« Les demandes de l'UE concernant le cas Timochenko sont encore sur la table », a-t-elle souligné. L'ancienne égérie de la Révolution Orange purge une peine de 7 ans de prison, que beaucoup considèrent comme une persécution politique. « Si cette question n'est pas résolue, je ne vois pas de possibilité de signer l'accord ». Pressé par son homologue, ainsi que par de nombreuses questions de l'assemblée, Viktor Ianoukovitch a indiqué chercher un moyen de libérer Ioulia Timochenko, bien que cela ne soit « pas facile ».

Ioulia Timochenko, en 2009.
Ioulia Timochenko, en 2009. Flickr/European People's Party - EPP

Aleksander Kwasniewski, ancien président polonais et co-responsable d'une mission spéciale du Parlement européen, a indiqué que l'Ukraine pourrait « obtenir un peu plus de temps » pour remédier à cette situation. Ce qui pourrait se traduire par un transfert de la prisonnière vers un hôpital en Allemagne. Comme la plupart des participants, il n'a cependant pas ouvertement condamné l'Ukraine, victime d'une « pression incroyable de la Russie ».

La guerre du chocolat

Le Kremlin s'oppose depuis longtemps à une intégration européenne de l'Ukraine. Il a, entre autres, déclenché une « guerre du chocolat » contre la compagnie Roshen, un des premiers confiseurs au monde. Pendant quelques jours d'août, un conflit commercial s'était étendu à tous les produits ukrainiens.

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Peu après qu'Hillary Clinton vante les « excellents chocolats ukrainiens », le clou du YES a été la joute verbale entre Petro Poroshenko, propriétaire de Roshen, et Serguei Glazyev, conseiller auprès de Vladimir Poutine. Si l'un a dénoncé des « pressions évidentes et injustifiées », l'autre a multiplié les avertissements à l'encontre de la signature de l'Accord, qui « mettrait fin au partenariat stratégique entre l'Ukraine et la Russie (…) Qui paiera pour le défaut sur la dette de l'Ukraine, qui deviendra inévitable ? L'Europe veut-elle prendre cette responsabilité ? » Et de promettre de nombreuses tensions à venir, notamment entre les communautés ethniques du pays.

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Pour le ministre polonais des Affaires étrangères, Radek Sikorski, ce sont là des « méthodes classiques du XIXe siècle ». Mais vendredi 19 septembre, l'agence de notation Moody's a tout de même abaissé la note de la dette souveraine ukrainienne de CAA1 à B3, par anticipation de futures tensions avec la Russie.

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