ITALIE

Crise politique en Italie: Enrico Letta va demander la confiance du Parlement

Le président du Conseil italien, Enrico Letta, devant le Parlement le 29 septembre 2013.
Le président du Conseil italien, Enrico Letta, devant le Parlement le 29 septembre 2013. REUTERS/Remo Casilli

Un climat de grandes incertitudes politiques règne en Italie à la suite du « geste fou » de Silvio Berlusconi qui a demandé à ses cinq ministres de démissionner du gouvernement. Ce dimanche 29 septembre, la droite semble avoir plongé dans un véritable chaos. Mercredi 2 octobre, le président du Conseil, Enrico Letta demandera un vote de confiance au Parlement. Sa position est très claire : pas question de « gouverner à tout prix ». Il veut une majorité ample et fiable, sans quoi il jettera l'éponge.

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Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

Dans un bref communiqué diffusé à l'issue de son entretien avec le chef du gouvernement Enrico Letta, le président de la République Giorgio Napolitano a indiqué qu'ils avaient discuté des solutions possibles pour éviter des élections anticipées.

De son côté, Enrico Letta s'est exprimé en direct du palais de la présidence du Conseil sur la chaîne publique Raï. Il s'est montré déterminé : « Mercredi, il y aura un débat parlementaire et chacun devra assumer ses propres responsabilités. La question de confiance sera posée au Sénat et à la Chambre des députés. Je n'ai pas l'intention de gouverner à tout prix. Soit j'obtiens la confiance mais pas pour trois jours et pour recommencer ensuite comme avant, soit je n'obtiens pas cette confiance solide et j'en tirerai les conclusions.»

Cela signifie que sans une majorité parlementaire garantie, Enrico Letta présentera sa démission.


■ REACTIONS : l'inquiétude des marchés

Cette crise politique qui secoue l'Italie n'est pas sans inquiéter les marchés. La Bourse, la dette souveraine, les valeurs bancaires... aucun actif n'est épargné. Sans compter les rumeurs de dégradation de la note de l'Italie.

Rumeurs de dégradation

Le pessimisme domine sur le marché de la dette. Les taux d'emprunt à dix ans sont en forte hausse. Ils sont passés de 4,4% à plus de 4,7%. Bien au-delà du niveau des taux espagnols. A cela s'ajoute les rumeurs de dégradation de la note de l’Italie par Standard & Poor's.

Les valeurs bancaires n'ont pas été épargnées. Elles ont enregistré une forte baisse de près de 5%. Il faut dire que les banques italiennes sont les premières détentrices de la dette du pays. Une dette publique de près de 2000 milliards d'euros et qui représente, aujourd’hui, 130% du produit intérieur brut.

Confiances

Et pourtant, certains experts n'hésitent pas à relativiser la situation. Selon eux, l'Italie ne peut revenir dans la ligne de mire des spéculateurs, comme au plus fort de la crise. Car, aujourd'hui, la zone euro dispose d'instruments de régulation qui empêchent une tempête sur les marchés.

Les investisseurs espèrent, maintenant, un dénouement politique. Le Parlement doit décider, mercredi, s'il maintient ou non sa confiance au chef du gouvernement italien.

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