Union européenne / Turquie

Reprise des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne

Drapeaux de la Turquie et de l'Union européenne.
Drapeaux de la Turquie et de l'Union européenne. AFP

La Turquie est candidate à l’entrée dans l’Union européenne depuis 1987. Les négociations d’adhésion s’éternisent. Depuis trois ans et demi elles étaient au point mort, elles reprennent ce mardi 5 novembre mais la reprise de ces négociations ne déclenche l’enthousiasme ni du côté européen ni du côté turc.

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L'adhésion de la Turquie à l'Union européenne traîne en longueur parce que les Turcs se désintéressent d’une Europe en crise qui ne semble pas prête à les accueillir. La majorité des dirigeants européens sont réticents à voir entrer dans l’Union européenne un grand pays musulman. Les parlementaires européens renâclent eux aussi.

Voilà ce que pense l'eurodéputée centriste Sylvie Goutard de la reprise des négociations d'adhésion avec la Turquie : « Je crains que ce ne soit la prolongation d’un malentendu. La perspective d’adhésion est illusoire. Il n’y pas la possibilité matérielle d’intégrer un pays aussi grand, aussi dynamique avec une population aussi nombreuse et l’évolution de l’Union européenne depuis dix ans, les difficultés dans lesquelles elle se débat me laisse penser que c’est totalement déraisonnable. Donc, on fait semblant de discuter avec la Turquie. »

Les Turcs attendent depuis longtemps

Alors pourquoi reprendre les négociations d’adhésion si personne ne souhaite qu’elles aboutissent ? « Pour gagner du temps, laisser une porte entrouverte mais je crains qu’on ait fait attendre les Turcs trop longtemps et je crois qu’il serait temps d’avoir une discussion utile pour faire apparaitre ce qu’on peut faire ensemble et ce qu’on ne peut pas faire ensemble », explique Sylvie Goutard.

Cengiz Aktar, professeur de Sciences politiques à l’université Bahçesehir à Istanbul est un des plus fervents avocats de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Il est aussi le premier à reconnaître que ces dernières années, la Turquie n’a pas vraiment joué le jeu : « C’est vrai que depuis 5 ou 6 ans, ça se passe plutôt mal. Le jour où le vent européen a cessé de souffler sur la Turquie, les Turcs ont commencé à regarder ailleurs et à ne pas réformer comme ils l’ont fait entre 2002 et 2004 ».

Droits de l'homme, justice et liberté d'expression au programme des négociations

La Turquie occupe toujours militairement la partie nord de Chypre, un des pays membres de l'Union européenne, c'est un des principaux obstacles à l'adhésion, avec la lenteur des autorités turques à réaliser certaines réformes pour mettre en œuvre l'acquis communautaire, seul un chapitre sur 35 a abouti pour l'instant.

Cengiz Aktar n’est pas découragé pour autant : « Personnellement je pense que la candidature de la Turquie est capitale pour la Turquie mais aussi pour l’Europe et la région et il faudrait remettre sur la table toutes les questions et les récriminations pour renouer la confiance qui a pris du plomb dans l’aile ces 5 ou 6 dernières années » .

Le chapitre de négociations qui s'ouvre ce mardi concerne la politique régionale, un thème plutôt consensuel. Ceux qui suivront concerneront les droits de l’homme, la justice et la liberté d’expression. Tout un programme pour un pays qui a réprimé brutalement les manifestations de la place Taksim au printemps dernier.

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