Géorgie

Géorgie: Margvelachvili veut rompre avec l'ère Saakachvili

Guiorgui Margvelachvili, le nouveau président géorgien, lors de son investiture, le 17 novembre.
Guiorgui Margvelachvili, le nouveau président géorgien, lors de son investiture, le 17 novembre. REUTERS/David Mdzinarishvili

Le nouveau président géorgien, Guiorgui Margvelachvili, a été investi ce dimanche 17 novembre à la tête d’un pays qui fait figure d’exception dans l’ancien espace soviétique. En deux ans, la Géorgie a en effet connu deux élections démocratiques donnant la victoire à l’opposition. La démocratie n’est pas néanmoins pas encore enracinée, et la continuité de l’Etat n’est pas encore de règle.

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Mikheïl Saakachvili, le président sortant, n’a pas assisté à l’investiture de son successeur, Guiorgui Margvelachvili. La défiance est telle entre Saakachvili et la nouvelle majorité parlementaire issue de l’élection d’octobre 2012 et avec son successeur, Guiorgui Margvelachvili, que personne n’imaginait possible le face à face, ce dimanche, dans la cour du Parlement.

C’est ainsi que se termine une année d’une cohabitation glacée, dans un contexte où la majorité, emmenée par l’oligarque Bidzina Ivanichvili, cache à peine son ambition de faire poursuivre en justice le chef de l’Etat sortant, accusé de dérive autoritaire.

La continuité du pouvoir en question

La continuité du pouvoir n’est pas non plus symbolisée par la continuité de l’occupation des lieux de celui-ci. Le président élu a fait savoir qu’il n’occuperait pas le palais présidentiel que Mikheïl Saakachvili a fait construire, et qui a été achevé autour de 2009. Si l’édifice à colonnades est couronné d’un dôme en verre, comme celui du nouveau Reichstag, à Berlin, la nouvelle majorité considère que, sous Saakachvili, la gouvernance, elle, n’a pas été transparente. La nouvelle majorité souligne d’ailleurs que l’on ne sait pas combien a coûté la construction de ce palais. Elle veut donc rompre avec cette gouvernance, par ailleurs présentée par la majorité comme «prétentieuse» et à tendance autoritaire.

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Ce palais devrait être proposé pour héberger les locaux d’une université américano-géorgienne, qui doit s’ouvrir l’an prochain.

Dans le même temps, les députés de la majorité ont aussi décidé de quitter le nouvel édifice qu’ils occupent depuis tout juste un an, à Koutaïssi, à 300 km de Tbilissi. Un bâtiment de facture très moderne, tout en verre, lui aussi. Ils invoquent, notamment, le coût de fonctionnement que représente pour un pays pauvre comme la Géorgie le fait d’avoir un parlement aussi éloigné de la capitale.

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Politiquement, cette absence de continuité de l’Etat démontre une volonté d’ignorer ce qu’il y a eu de positif pendant la «Révolution des roses», entre 2003 et 2012. Les nouvelles autorités du pays, derrière Guiorgui Margvelachvili, ne parlent que des aspects négatifs des années Saakachvili.

Elles ont pourtant été aussi, sinon d’abord, des années de modernisation du pays et de remise sur pied de l’Etat. Mais elles ont été aussi marquées par une logique révolutionnaire qui, il est vrai, a trop souvent ignoré les principes démocratiques élémentaires. Le problème est qu’à ne considérer que ces aspects négatifs, la nouvelle majorité risque de réduire à néant son opposition.

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