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Ukraine/UE

L’Ukraine s'éloigne de l'Europe, Ioulia Timochenko reste en prison

L'opposante Ioulia Timochenko restera en prison.
L'opposante Ioulia Timochenko restera en prison. Flickr/European People's Party - EPP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

C'est officiel. Après de longues semaines de suspense, le gouvernement ukrainien a abandonné, le 21 novembre, les préparations à la signature d'un accord d'association, quelques jours seulement avant le sommet de Vilnius. Le Parlement de Kiev a rejeté toutes les propositions de loi qui auraient pu permettre à Ioulia Timochenko d'être transférée à l'étranger pour y être soignée. De sa cellule, l'ancienne Première ministre a appelé les Ukrainiens à manifester contre cette décision du gouvernement.

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Avec notre correspondant à Kiev, Sébastien Gobert

Ioulia Timochenko reste en prison, l'Ukraine ne signe pas d'accord d'association avec l'Union européenne, et le gouvernement va travailler à intensifier les liens avec les pays de la communauté des Etats indépendants, héritiers de l'Union soviétique. Pour le média indépendant Ukrainska Pravda, c'était hier un véritable « jeudi noir ».

Les Européens ne cachent pas leur déception et affirment laisser la porte ouverte à l'Ukraine. Le président Victor Ianoukovitch affirme que ce n'est qu'un retard temporaire, nécessaire à la sécurisation de l'économie ukrainienne contre d'éventuelles pressions russes. Il ne semble d'ailleurs toujours pas prêt à rejoindre l'Union douanière menée par la Russie. Le gouvernement semble avoir eu peur des changements que l'intégration européenne aurait provoqué, d'autant que Bruxelles n'avait pas offert de compensation financière suffisante.

Il reste encore six jours avant le sommet de Vilnius et certains espèrent encore un retournement de la situation, comme cela est déjà arrivé. Mais le régime, de plus en plus autoritaire, a apparemment tout prévu pour garder la main sur le pays. Et à Kiev, il semble bien que les jeux sont faits.

Moscou apprécie, Bruxelles est déçue

Les ultimes efforts des responsables européens n’y ont rien fait : « notre mission s'achève. L'accord à Vilnius ne sera pas signé » a regretté publiquement l’ex-président polonais Aleksander Kwasniewski, qui avait été dépêché dans la capitale ukrainienne avec l'ancien chef du Parlement européen, Pat Cox, pour une ultime tentative de débloquer la situation.

Kiev semble avoir été plus réceptif aux mises aux gardes de Moscou qu’aux sirènes de Bruxelles. Le Premier ministre ukrainien a expliqué qu’il avait signé le décret ordonnant de « suspendre le processus de préparation de l'accord d'association », afin notamment de « relancer les relations économiques avec la Russie ». Mercredi Mykola Azarov avait d’ailleurs eu un tête-à-tête avec homologue russe Dmitri Medvedev.

L’émissaire européen, Aleksander Kwasniewski, voit dans la décision de Kiev le résultat d’« une pression très brutale » de Moscou, conduisant pratiquement à l'arrêt des exportations ukrainiennes vers la Russie, alors que « les caisses de l'Etat ukrainien sont vides ».

La Russie qui s’en défend et affirme vouloir uniquement défendre son économie, a, à maintes reprises menacé l’Ukraine de prendre des mesures de rétorsion en cas de signature de l'accord d'association avec Bruxelles. Signe que la volonté d'émancipation vis-à-vis de la Russie a un coût : ces derniers mois, les échanges commerciaux entre Moscou et Kiev ont déjà chuté de 25%.

La Russie joue un rôle capital dans le choix de son voisin, si loin, si proche, comme l’explique Alexandra Goujon, politologue et spécialiste de l'Ukraine.

Moscou joue un rôle de pression, et montre aussi que Kiev ne doit pas se soumettre au diktat de l'Union européenne. La Russie est le premier fournisseur en gaz de l'Ukraine.

Alexandra Goujon

Déçue, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, estime que l'avenir de l'Ukraine nécessite une relation forte avec les Européens.

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