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Ukraine

Poursuite de la mobilisation des pro-européens en Ukraine

Des manifestants participent à un rassemblement pro-européen, à Kiev (Ukraine), ce mardi 26 novembre 2013
Des manifestants participent à un rassemblement pro-européen, à Kiev (Ukraine), ce mardi 26 novembre 2013 REUTERS/Gleb Garanich
Texte par : RFI Suivre
6 mn

À Kiev, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche dernier contre la décision du président Victor Ianoukovitch de renoncer à un accord d'association avec l'Europe des 28. Une autre manifestation était en cours ce mardi 26 novembre dans la soirée. La mobilisation est toujours là, mais dans des proportions bien moindres.

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Avec notre envoyée spéciale à Kiev, Anastasia Becchio, et notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne

On semble encore loin des dizaines de milliers de personnes qui se sont réunies dimanche dans le centre de Kiev. On compte en ce moment plusieurs milliers de manifestants, même si les gens continuent d’affluer sur deux places distantes de quelques centaines de mètres où se déroule l’essentiel de la protestation.

C’est vrai que l'on est en semaine, qu’il fait très froid, mais c’est dans les mêmes conditions météo que s’était déroulée, il y a neuf ans précisément, la révolution orange. Elle avait été déclenchée dans la foulée de la présidentielle, qui avait vu l’arrivée au pouvoir du pro-occidental Victor Iouchtchenko, qui avait été déclaré perdant au deuxième tour face à l’actuel chef de l’Etat, soutenu lui par Moscou, Victor Ianoukovitch.

Cette fois, les députés de l’opposition et notamment du parti de Ioulia Timochenko, l’ancienne chef du gouvernement emprisonnée, comptent sur la mobilisation de l’opposition pour refaire bouger les lignes, d’autant qu’ils n’ont pas la majorité au Parlement.

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Les manifestants ne sont pas tous là pour les mêmes raisons. Il y a des personnes de tous âges. Beaucoup de jeunes sont réunis sur la place de l'Indépendance, là où a eu lieu la révolution orange.

Le public est plus âgé sur la place de l'Europe, où défilent les hommes politiques. La plupart des manifestants sont là pour réclamer la conclusion d’un accord avec l’Union européenne (UE), mais on sent plus généralement une déception au sein de la population qui manifeste.

Déception quant au cours qu’a pris la politique ces trois dernières années, depuis l’arrivée au pouvoir de Victor Ianoukovitch. Les indicateurs économiques ne sont pas bons.

Dans ce contexte, la décision de suspendre les négociations d’association avec l’UE est vécue par ceux qui défilent, comme une sorte de rêve que l’on n’a pas accompli.

La signature de l'accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne était prévue jeudi prochain. Le président Ianoukovitch a annoncé qu'il renonçait sept jours seulement avant la cérémonie. Preuve que Moscou a joué un rôle non négligeable, même si la Russie se défend d’avoir exercé des pressions sur son voisin.

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Le Premier ministre l’a d’ailleurs reconnu aujourd’hui en conférence de presse. Mykola Azarov a expliqué que la Russie avait proposé de reporter la signature, et d'entamer des négociations. Elles débuteront dans quelques jours, début décembre.

Moscou pourrait notamment revoir les prix du gaz vendu à l’Ukraine. Actuellement, Kiev paye son gaz plus cher que certains pays européens en vertu d’un accord conclu en 2009, à 460 dollars pour 1 000 m3. Ce prix pourrait être abaissé jusqu’à 250 dollars, selon le journal Kommersant-Ukraine. Le Premier ministre s’est aussi plaint du fait que l’Union européenne n’ait pas offert à l’Ukraine le soutien nécessaire dans la situation économique difficile dans laquelle elle se trouvait.

Il se peut aussi que le président Ianoukovitch cherche à faire monter les enchères du côté de l’UE. Il sera d’ailleurs présent à Vilnius. Enfin, il y a le cas de l’opposante emprisonnée Ioulia Timochenko. L’UE a fait de son transfert à l’étranger pour raisons médicales un préalable à toute signature d’accord. Ianoukovitch ne veut pas en entendre parler. Il faut dire que le chef de l’Etat entend se présenter à la présidentielle de 2015 et une réhabilitation politique de sa rivale ne serait pas un bon point pour lui.

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Pour ceux qui manifestent, l’Europe, c’est la promesse tout d’abord de la suppression des visas. D’autres mettent en avant le fait que l’adaptation aux standards européens pourra permettre de lutter contre la corruption et apportera une modernisation de la vie politique et économique. Ils veulent des réformes et pas le statu quo d’une économie au bord du gouffre, qui a vu son PIB chuter de 1,5 % de juillet à septembre.

Les plus jeunes sont naturellement attirés par l’Europe, qui leur semble plus prometteuse. Les plus anciens, qui ont connu l’époque soviétique, expliquent qu’ils ne veulent pas de ce qu’ils perçoivent comme un retour en arrière, un retour dans le giron russe.


La Russie fait part de sa « perplexité » et de sa « déception »

Des responsables européens ont accusé la Russie d'avoir fait pression sur l'Ukraine pour qu'elle renonce à signer un accord d'association avec l'UE, ce qui a provoqué une réaction du ministère russe des Affaires étrangères, qui se dit déçu et perplexe. Des déclarations qui interviennent néanmoins juste après que le Premier ministre ukrainien ait reconnu pour la première fois que la Russie avait dissuadé Kiev de signer cet accord.

Moscou estime que Bruxelles veut lui faire porter la responsabilité de l'échec des discussions avec l'Ukraine, alors que c'est l'UE qui n'a eu de cesse de faire pression sur les pays concernés par le partenariat oriental. Le communiqué du ministère des Affaires étrangères rappelle que le président Poutine a, à plusieurs reprises, qualifié ces agissements de « néfastes ».

Le choix de l'adhésion à une union économique est une « question de souveraineté », que nous respectons, dit encore le communiqué, tout en soulignant que l'Ukraine ne tirerait aucun bénéfice d'un accord de libre-échange avec l'UE, bien au contraire.

A Trieste (Italie), le président russe Vladimir Poutine a fait part de son agacement, ce mardi 26 novembre, quant aux critiques de l'Europe qui l'accuse d'avoir fait pression sur le gouvernement ukrainien.
A Trieste (Italie), le président russe Vladimir Poutine a fait part de son agacement, ce mardi 26 novembre, quant aux critiques de l'Europe qui l'accuse d'avoir fait pression sur le gouvernement ukrainien. REUTERS/Alessandro Garofalo

Comme en écho à ce communiqué extrêmement ferme, le président Poutine en visite en Italie, met en garde « ses amis de Bruxelles » pour qu'ils s'abstiennent de déclaration « virulente », alors qu'ils cherchent à « étrangler des secteurs entiers de l'économie en Ukraine et en Russie ».

Il affirme qu'il n'a pas été question entre Kiev et Moscou de révision du contrat gazier. Il faut « dépolitiser » ce dossier, ajoute-t-il, et envisager la coopération économique dans une discussion à trois : Russie, Ukraine, Union européenne. Moscou insiste sur ce point alors que la proposition a déjà été accueillie avec beaucoup de scepticisme à Bruxelles.

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