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Entrée en vigueur d'Eurosur pour surveiller les frontières de l'UE

Entre janvier et juin 2015, 60000 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes. Ici, sur l'île de Lampedusa, au large de la Libye, en mars 2011.
Entre janvier et juin 2015, 60000 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes. Ici, sur l'île de Lampedusa, au large de la Libye, en mars 2011. REUTERS/Alessandro Bianchi/Files

Ce lundi 2 décembre entre en vigueur Eurosur, le nouveau système européen de surveillance des frontières extérieures de l'Union européenne. Il vient renforcer l'agence de coordination Frontex, et s'appliquera en priorité à la Méditerranée. Ces mesures étaient en préparation depuis pas mal de temps, mais c'est le drame de Lampedusa le 3 octobre qui a précipité leur adoption.

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Dès 2008, lorsqu'il a été conçu, le système Eurosur avait pour objectif principal de réduire l'immigration clandestine en Europe. C'est consigné dans tous les documents rendus publics. Mais après des drames à répétition soldés par des milliers de victimes, surtout des naufragés qui ont perdu la vie en Méditerranée, le discours des autorités a quelque peu changé.

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Il est question désormais, en premier lieu, d'éviter des tragédies comme celle qui a eu lieu le 3 octobre dernier à Lampedusa, avec des centaines de morts et de disparus. Cela suppose, entre autres, et c'est prévu dans le règlement d’Eurosur que doivent appliquer les Etats membres et l'agence Frontex - qui met en œuvre les patrouilles en mer -, de se conformer pleinement aux principes de non-refoulement et de respect de la dignité humaine.

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Mais des spécialistes de l'immigration, des ONG, comme Human Rights Watch (HRW), et des personnalités politiques parmi lesquelles des eurodéputés écologistes, doutent de la réalité de cette nouvelle orientation.

Pour eux, l'approche sécuritaire risque de perdurer, c'est-à-dire le refoulement des migrants sans respecter les règles formelles ; ce qu'on appelle aussi le « pushback », destiné à diminuer le nombre de demandeurs d'asile dans les pays européens.

Eurosur est un «système de systèmes». Il a pour vocation de relier entre eux tous les sytèmes de surveillance terrestres et maritimes mis en œuvre par les différents pays

Objectif: rendre impossible de passer à travers les mailles de la surveillance des frontières de l'UE

►ÉCOUTER SUR RFI : Bonjour l'Europe avec Michele Cercone, porte-parole du commissaire européen chargé des Affaires intérieures

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