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Russie

Russie: Khodorkovski appelle au pardon, les Pussy Riot à la lutte

Andrei Tolokonnikov, le père de l'une des deux militantes, s'inquiète de ne voir dans la libération des Pussy Riots qu'un acte de communication politique destiné aux médias.
Andrei Tolokonnikov, le père de l'une des deux militantes, s'inquiète de ne voir dans la libération des Pussy Riots qu'un acte de communication politique destiné aux médias. REUTERS/Ilya Naymushin
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Mikhaïl Khodorkovski a déposé une demande de visa Schengen pour la Suisse. Après dix ans d'incarcération, l'ex-oligarque, qui se trouve actuellement en Allemagne, a déclaré qu'il n'avait pas l'intention de retourner en Russie. Mikhaïl Khodorkovski, gracié la semaine dernière par le Kremlin, a parallèlement adressé une mise en garde aux deux jeunes femmes du groupe contestataire Pussy Riot, libérées, elles, ce lundi.

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« L'essentiel, maintenant, est de trouver des forces pour ne pas laisser la place dans le cœur à la haine et la rancœur après cette lourde épreuve qu'a été la prison. » Voilà ce qu'a écrit l'ex-prisonnier le plus célèbre de Russie sur son site khodorkovski.ru.

Dans son message adressé à Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova, Mikhaïl Khodorkovski estime que « la libération des détenus rend le pouvoir un peu plus humain ». Puis d'ajouter : « Je suis heureux d'apprendre que cette épreuve, qui n'est pas digne d'un pays européen au XXIe siècle, a pris fin. »

Deux stratégies de sorties

Dès leur sortie de prison, les deux jeunes femmes du groupe Pussy Riot avaient affirmé leur détermination à vouloir continuer à se battre contre le système et pour la défense des droits de l'homme. L'une d'elle, Nadejda Tolokonnikova, a appelé également au boycott des Jeux olympiques de Sotchi en février.

De son côté l'ex-oligarque et critique du Kremlin a adopté depuis sa libération un ton plus modéré : Mikhaïl Khodorkovski a exclu de se lancer dans la lutte politique, mais souhaite en revanche se consacrer à la défense des prisonniers politiques en Russie.

Mikhaïl Khodorkovski, le 22 décembre, à Berlin.
Mikhaïl Khodorkovski, le 22 décembre, à Berlin. REUTERS/Axel Schmidt

Realpolitik

« C'est probablement la seule et unique raison, ce n'est pas du tout un symptôme d'un changement quelconque chez Vladimir Poutine », assure de son côté Andreï Tolokonnikov, le père de la Pussy Riot Nadejda. « Nous n'allons pas avoir un Poutine 3.0 : c'est un lieutenant-colonel du KGB, un homme gris qui restera toujours le même. »

Lui refuse de voir dans la grâce présidentielle un geste d'ouverture et continue de voir dans le président russe un « ennemi idéologique ». Les annonces de ces libérations, qui concernent également les militants de Greenpeace, ne sont, affirme Andreï Tolokonnikov, que de la « realpolitik » : « En politique, les décisions se prennent dans les couloirs, pas au Parlement... et surtout pas au Parlement russe actuel. »

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