Turquie / Justice

Turquie: les manifestants de la place Gezi devant les tribunaux

Intervention de la police le 8 juillet près du parc Gezi : la répression avait fait 6 morts et des milliers de blessés
Intervention de la police le 8 juillet près du parc Gezi : la répression avait fait 6 morts et des milliers de blessés REUTERS/Murad Sezer

La justice turque a inculpé 36 manifestants ayant participé aux manifestations anti-gouvernementales du printemps dernier, mouvement de révolte lancé place Gezi à Istanbul. Cette inculpation annonce le premier d'une série de procès : d'autres procédures devraient suivre dans plusieurs autres villes de Turquie, où s'étaient tenus des rassemblements de soutien aux protestataires de Gezi.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

L'acte d’accusation contre les 36 manifestants recèle une relative bonne nouvelle en ce sens qu’il écarte la théorie du complot international brandie par les autorités – dont et essentiellement le Premier ministre Tayyip Erdogan – pour justifier le fait qu’elles n’avaient pas vu venir cette éruption de colère de la population.

Malgré tout, l’ensemble des accusations qui y sont énumérées sont particulièrement graves et font risquer des décennies de prison pour les 36 accusés, sur un total de 255 personnes poursuivies pour Istanbul seulement ; ils doivent répondre des crimes d’appartenance à une organisation terroriste, propagande terroriste et détention de substances explosives prohibées, en plus de délits plus légers comme opposition à l’action de la police ou destruction de matériel public.

→ à (re)lire : 255 personnes inculpées pour les manifestations de juin en Turquie

En fait, ces manifestants qualifiés de « terroristes » appartiennent à un petit parti d’extrême gauche, le Parti de la Démocratie socialiste, censé servir de façade à une organisation clandestine violente, la ‘Caserne révolutionnaire’, qui est depuis quelque temps dans la ligne de mire des services de sécurité sans que l’on sache très bien ce qui leur est reproché.

Selon l’acte d’accusation en tous cas, les manifestations de juin auraient « largement dépassé le stade de la réaction démocratique pour devenir le champ d'action d'organisations terroristes », et l’usage de la force par la police n’a pas été jugé disproportionné, bien qu’ayant fait 6 morts et près de 10.000 blessés dans le pays.

→ à (re)lire: Malgré la répression, «l'esprit de Gezi» s'exprime toujours en Turquie

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