Espagne

Avortement en Espagne: mobilisation contre la réforme du gouvernement Rajoy

« Femme vivante, femme libre » c'est l'un des mots d'ordre de la manifestation qui rassemble à Madrid ce samedi les opposant(e)s à la réforme de la loi encadrant l'avortement.
« Femme vivante, femme libre » c'est l'un des mots d'ordre de la manifestation qui rassemble à Madrid ce samedi les opposant(e)s à la réforme de la loi encadrant l'avortement. REUTERS/Eloy Alonso
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Plusieurs rassemblements sont organisés ce 1er février en Espagne et ailleurs en Europe contre la réforme de la loi encadrant l’avortement en Espagne. Un projet combattu par des organisations féministes et qui a suscité de nombreuses réactions aussi outre-Pyrénées.

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Le projet de loi interdisant l’interruption volontaire de grossesse suscite une levée de bouclier sans précédent en Espagne, rapporte notre correspondant à Madrid, François Musseau. Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy se propose d’annuler la loi de 2010 autorisant l'avortement jusqu'à 14 semaines sans justification, et jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du fœtus ou de grave danger pour la femme. Pour les associations de défense des droits des femmes, ce projet de loi est agression faite aux femmes.

→ A (RE) lire : Débat sur l’avortement: question de santé publique contre combat idéologique

Olga Sancho fait partie du collectif « Décider nous rend libres » et travaille pour la clinique Dator, premier centre privé autorisé à pratiquer des avortements en Espagne. Pour elle, ce projet de loi est rétrograde et machiste : « Socialement, c’est une façon de nous voir comme des citoyennes de deuxième catégorie. Ils nous considèrent nous, les femmes, incapables de prendre des décisions responsables. Ils nous considèrent incapables de prendre des décisions concernant notre santé, et sur quelque chose d’aussi intime et qui affectera toute notre vie et celle de notre entourage, à savoir la maternité ».

Olga est médecin, mais dans le collectif toutes pensent comme elle qu’elles soient infirmières, professeurs, catholiques, étudiantes, intellectuelles ou artistes… Toutes estiment que l’interdiction d’avorter suppose un retour en arrière de plusieurs décennies.

Comme des dizaines de milliers d’autres, Olga se manifestera autant de fois qu’il le faudra pour stopper ce projet de loi. En Espagne, la plupart des féministes sont convaincues qu’elles y parviendront.

«Le train de la liberté »

L’Europe se mobilise également

Après Bruxelles mercredi dernier, Paris et Londres, entre autres, seront le théâtre de manifestations devant les ambassades espagnoles. Même si pour l’instant il ne s’agit que d’un projet de loi qui n’a donc pas encore été adopté par le Parlement espagnol, cette nouvelle politique en matière d’avortement mobilise.

A Londres, une manifestation est prévue ce samedi 1er février devant l’ambassade d’Espagne. Même chose à Paris, où un rassemblement est prévu à l’appel notamment du Planning familial pour, « soutenir le combat des femmes espagnoles ». Mais Paris n'est pas la seule ville française concernée. Bordeaux, Marseille, Nantes et Strasbourg, ainsi qu’une trentaine d’autres villes devraient participer à ce mouvement de dénonciation.

Ces manifestations bénéficient également du soutien de nombreuses associations, mais également de syndicats et de partis politiques. Plusieurs figures féminines de la politique française se sont insurgées contre ce qu’elles considèrent être une loi rétrograde : la socialiste Anne Hidalgo qui brigue le fauteuil de maire de Paris, Roselyne Bachelot et Michèle Barzarch, toutes deux anciennes ministres de la Santé, ou encore Marie-George Buffet, Rama Yade et Dominique Voynet.

Le « Train de la Liberté », parti des Asturies dans le Nord de l'Espagne, est passé à Valladolid hier (photo) et arrivé à Madrid ce samedi matin.
Le « Train de la Liberté », parti des Asturies dans le Nord de l'Espagne, est passé à Valladolid hier (photo) et arrivé à Madrid ce samedi matin. AFP/Cesar Manso

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