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Affaires de pédophilie: un comité de l'ONU accable l'Eglise catholique

Le pape François, à la basilique Saint-Pierre de Rome, le 2 février 2014.
Le pape François, à la basilique Saint-Pierre de Rome, le 2 février 2014. REUTERS/Tony Gentile

Un rapport extrêmement sévère a été rendu public ce mercredi 5 février par le Comité des droits de l'enfant des Nations unies. Ce dernier accuse le Vatican d'avoir étouffé les crimes de pédophilie commis dans le passé par des religieux, et souligne que des dizaines de milliers d'enfants ont été victimes d'abus sexuels dans le monde.

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Avec notre correspondant à Genève, Laurent Mossu

Les Nations unies, via ce Comité, dénoncent une attitude qui a « permis la poursuite des agressions sexuelles et l'impunité des coupables ».

Pour les 18 experts de l'ONU, le Vatican a continuellement placé la réputation de l'Eglise et la protection des coupables au-dessus de l'intérêt des enfants.

Il dénonce le fait que les auteurs connus d'agressions sexuelles ont été transférés de paroisse en paroisse dans le but de couvrir leurs crimes.

Le rapport parle de dizaines de milliers de cas d'enfants violés à travers le monde. Il demande au Vatican de rendre publiques ses archives sur les affaires de pédophilie.

Il réclame aussi une réforme du droit canon afin d'assurer une meilleure protection des enfants grâce à des règles, des mécanismes et des procédures clairs.

En conclusion, le Comité exige le renvoi immédiat de tous les ecclésiastiques coupables ou soupçonnés, et leur remise aux autorités afin de les juger.

 


■ RÉACTIONS CONTRASTÉES DU SAINT-SIÈGE

Par communiqué, ce mercredi, le Vatican « prend acte des observations finales » du Comité onusien, et promet de les examiner « avec attention ». « Le Saint-Siège réitère son engagement dans la défense et la protection des droits de l'enfant, en accord avec les principes promus par la Convention sur les droits de l'enfant et en vertu des valeurs morales et religieuses offertes par la doctrine catholique. »

Tout juste l'Eglise catholique regrette-t-elle, à mots couverts, « une tentative d'ingérence dans l'enseignement de l'Eglise sur la dignité de la personne et l'exercice de la liberté religieuse », une allusion aux critiques du Comité au sujet des positions du Vatican sur l'avortement et la contraception.

Mgr Silvano Tomasi, observateur du Vatican près de l'ONU à Genève, est en revanche plus véhément. Sur Radio Vatican, il déclare ce mercredi : « On dirait quasiment que le rapport était préparé à l'avance, avant la rencontre avec la délégation du Saint-Siège. » Et d'ajouter : « Le document ne semble pas à jour », avant d'énumérer la liste des mesures prises l'Eglise pour lutter contre la pédophilie. « C'est une question de faits, d'évidence, qui ne peuvent pas être déformés ! », conclut le prélat.

→ À (RE)LIRE : Pédophilie, les explications de l'Eglise devant l'ONU

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