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Ukraine

Référendum d’autodétermination en Crimée : c’est «oui» ou «oui»

Affiche incitant les habitants de Crimée à voter le rattachement à la Russie.
Affiche incitant les habitants de Crimée à voter le rattachement à la Russie. Reuters/Thomas Peter
Texte par : RFI Suivre
4 mn

A quatre jours du référendum d’autodétermination dimanche en Crimée, le Parlement de de Simferopol a adopté hier une déclaration d’indépendance qualifiée d'« annexion » par Angela Merkel. Les autorités ukrainiennes semblent impuissantes à empêcher le rattachement de la Crimée à la Russie.

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Avec notre correspondant à Kiev, Sébastien Gobert

Les séparatistes et les autorités russes poursuivent leur marche en avant pour étendre leur mainmise sur la Crimée, mainmise que la chancelière allemande Angela Merkel a qualifié hier d’« annexion ».

Le président par intérim Alexandre Tourtchinov parle de « farce » lorsqu’il évoque le référendum de dimanche et c’est vrai que ça lui ressemble. Les bulletins de vote n’offrent que deux possibilités : soit rejoindre la fédération de Russie, soit déclarer l’indépendance la Crimée, pour ensuite rejoindre la fédération de Russie. Et il n’y a qu’une case à cocher sur ces bulletins, le « oui ». Pas de place pour rejeter les propositions.

Pas d'intervention militaire

Cela fait presque deux semaines que l’on parle de déclaration de guerre, d’état de guerre, d’agression militaire, mais le président par intérim Alexandre Tourtchinov a exclu une intervention militaire pour ne pas dégarnir les régions de l’est, qui sont elles aussi sous pression, mais surtout parce qu’il a estimé que seuls 6 000 soldats ukrainiens sont opérationnels. Or les Russes en ont au moins 200 000 massés à leur frontière ouest.

Alexandre Tourtchinov a promis la création d'une garde nationale, qui ferait appel à des milliers de vétérans, mais cela ne pourra se faire en un instant. Aussi l'Ukraine est encore loin d'avoir une capacité de réaction significative.

Le premier ministre Arseni Iatseniouk est aujourd'hui à Washington pour y rencontrer Obama. Pour se sortir de cette situation difficile, les Ukrainiens comptent avant tout sur la diplomatie, le soutien de leurs alliés occidentaux, et leurs pressions, politiques et financières.

→ à (re)lire : Crimée: les Européens haussent le ton à l'égard de la Russie

Une déclaration d'indépendance légale pour Moscou

Sergueï Lavrov l'a effectivement dit à John Kerry au cours d'une conversation téléphonique : pour Moscou, cette déclaration d’indépendance du Parlement de Crimée est « absolument légale » rappelle notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne. Les Russes s’appuient sur le précédent du Kosovo : l’ONU et plusieurs pays occidentaux avaient estimé alors qu'une « déclaration unilatérale d'indépendance d'une partie d'un Etat ne violait aucune norme du droit international ».

Arseni Iatseniouk à la Maison Blanche

Lorsque Sergueï Lavrov insiste sur la nécessité de trouver une solution à la crise ukrainienne qui prenne en compte les intérêts de toutes les communautés dans toutes les régions, c'est manifestement avec une Crimée séparée de l'Ukraine. Une indépendance, selon le modèle de l'Abkhazie géorgienne ou un rattachement pur et simple à la Russie, le scénario final n'est pas encore rendu public, mais d'ores et déjà, la région n'est plus accessible par l'Ukraine, mais uniquement à partir de la Russie.

Ni les assurances de Washington sur la préservation des intérêts russes en Crimée, ni les mises en garde sur de nouvelles sanctions en cas d’annexion de la péninsule après le référendum de dimanche, jugé ici illégitime, ne font évoluer la discussion vers une « désescalade », pour employer le terme du département d’Etat, précise notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio.

D'ailleurs en recevant Arseni Iatseniouk à la Maison Blanche, Washington reconnaît le gouvernement intérimaire ukrainien, gouvernement qui selon Moscou a pris le pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat. Barack Obama, selon son porte-parole, va reitérer sa promesse de venir en aide à Kiev, une aide sonnante et trébuchante d’un milliard de dollars, plus la garantie bancaire pour les prêts contractés par l’Ukraine. Arseni Iatseniouk sera d’ailleurs également reçu par le Congrès américain.

Refus d'un dialogue direct avec l'Ukraine

Sergueï Lavrov l'a redit à son homologue japonais qui lui a demandé d'ouvrir un dialogue direct avec Kiev, mais Moscou refuse, affirmant encore et toujours que le gouvernement intérimaire ukrainien n' a aucune légitimité. Moscou semble également négliger totalement les propos de son ancien protégé Victor Ianoukovitch, qui, hier dans une courte allocution, a plaidé pour l'unité de l'Ukraine.

 

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