UKRAINE

Ukraine: Donetsk et Kharkiv sous tension

Affontements entre des militants pro-russes et la police à Donetsk, le 13 mars 2014.
Affontements entre des militants pro-russes et la police à Donetsk, le 13 mars 2014. REUTERS/Mikhail Maslovsky

Après les violences du jeudi 13 mars, qui ont coûté la vie à deux manifestants arborant des drapeaux ukrainiens, Sergueï Taruta, le gouverneur de la région de Donetsk a interdit tout rassemblement ce week-end. Mais la tension reste vive dans la capitale russophone du Donbass alors que la Crimée s'apprête à se prononcer pour son rattachement à la Russie. A Kharkiv, une fusillade dans la nuit de vendredi à samedi a fait deux morts.

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Avec notre correspondant à Donetsk, Laurent Geslin

Le gouvernement ukrainien a tenté hier, vendredi, de reprendre la main après les affrontements meurtriers de jeudi. Oleksandre Turchynov, le président par intérim, a appelé à des poursuites immédiates contre les responsables de ces meurtres et a accusé Moscou d'inciter à la violence dans l'est de l'Ukraine. « C'est le vrai visage des cosaques séparatistes et de ceux qui sont envoyés pour répandre la violence », a-t-il déclaré.

D'après le ministère de l'Intérieur ukrainien, quatre personnes aurait déjà été arrêtées. Dans le même temps, Rinat Akhmetov, l'oligarque le plus riche d'Ukraine, et l'ancien allié du président Ianoukovitch, a, encore une fois dans une déclaration, appelé à l'arrêt des troubles et à l'unité de l'Ukraine. L'homme d'affaires n'a en effet aucune envie que l'instabilité s'éternise et que le Kremlin vienne mettre le nez dans ses affaires.

Méfiance

Pour l’heure, dans les rues de Donetsk, tout est calme. Mais ici, comme dans le reste des villes du Donbass, on suivra avec beaucoup d'attention le référendum de dimanche en Crimée. Dans l'est de l'Ukraine, la majorité de la population regarde avec méfiance les nouvelles autorités qui ont pris le pouvoir à Kiev, que beaucoup considèrent comme nationalistes et pilotées par les Américains. Personne ne souhaite la guerre dans l'est de l'Ukraine mais les gens ont de plus en plus peur.

Morts à Kharkiv

Par ailleurs, plus au nord, dans la ville de Kharkiv, deux personnes ont trouvé la mort dans des affrontements dans la nuit de vendredi à samedi : un militant pro-russe et un passant. Cinq blessés sont aussi à déplorer, dont un policier. Les violences ont opposé des partisans du Kremlin à des nationalistes radicaux ukrainiens. Les premiers ont tenté de rentrer dans un bâtiment où ils soupçonnaient que ce soient retranchés des militants ayant ouvert le feu un peu plus tôt sur des pro-russes, selon des informations préliminaires. Les personnes présentes dans le bâtiment auraient alors ouvert le feu.

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