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Ukraine / Russie

La Crimée vote sur son rattachement à la Russie

Opération de vote dans un bureau de Simferopol, ce 16 mars.
Opération de vote dans un bureau de Simferopol, ce 16 mars. REUTERS/Sergei Karpukhin
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Ce dimanche 16 mars, un million et demi d'électeurs de la province ukrainienne de Crimée sont appelés à voter sur leur rattachement à la Russie. Ce scrutin, dénoncé par le monde entier, fait-il se déplacer les habitants ?

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Avec notre envoyé spécial en Crimée, Daniel Vallot

Ce dimanche matin, ce n’était pas encore l’affluence dans les bureaux de vote de Crimée. Il faut dire qu’ici, les électeurs se déplacent plutôt à la mi-journée. Ce bureau de vote du centre de Simferopol, non loin du Parlement, est installé dans la salle des fêtes d’un centre culturel municipal. Il y a cinq assesseurs, quatre isoloirs, et au milieu de la salle à même le sol deux urnes en plastique. Dans un coin de la salle, les décors d’un spectacle pour enfants ont été entreposés pour faire de la place.

En arrivant dans le bureau de vote, les électeurs reçoivent un seul bulletin rédigé en trois langues : russe, ukrainien et tatar. Les électeurs ont le choix entre deux cases : rattachement à la Russie ou autonomie renforcée.

A Sébastopol, le 16 mars.
A Sébastopol, le 16 mars. REUTERS/Baz Ratner

« Je pourrais finir mes jours sur le territoire russe »

Pour cette femme que nous avons rencontrée dans un meeting pro-Russe, samedi 15 mars, le choix était évident. Ce sera le rattachement à la Russie : « Ça fait 23 ans que nous voulons que la Crimée revienne à la Russie, que nous attendons de voir le drapeau russe flotter de nouveau sur les édifices publics. Je remercie dieu de m’avoir donné la force de connaître ce moment, car je sais désormais que je pourrai finir mes jours sur le territoire Russe. »

« Ça fait tellement d’années que l’Ukraine nous humilie, continue cette personne. Tous les documents médicaux, juridiques devaient être en ukrainien ! Ils nous disaient qu’ils n’interdiraient pas aux gens de parler russe, mais c’est faux ! C’est le plus beau jour de ma vie ! Quant à Poutine, il a fait ce qu’il devait faire, il ne pouvait pas nous laisser seuls avec ces salauds d’Ukrainiens ! Il était obligé de reprendre la Crimée ! Poutine est notre président bien aimé, merci à lui, merci pour tout ce qu’il a fait pour nous ! »

Appels au boycott

Les partisans de l’Ukraine vont sans doute rester chez eux aujourd’hui, qu’ils soient de souche ukrainienne ou tatare, les adversaires du rattachement à la Russie ont effectivement appelé au boycott d’un référendum qu’ils considèrent comme totalement illégal et illégitime, un pari risqué au demeurant, puisqu’il ouvre la voie logiquement à une victoire du camp pro-Russe.

L’enjeu majeur de ce vote ce sera donc non pas le résultat, puisqu’il semble couru d’avance, mais la participation. Ce dimanche matin, la pluie s’est mise à tomber, mais ici me confiait une électrice enchantée d’avoir voté pour la Russie, la pluie porte bonheur. Pour elle, c’est donc un signe encourageant. Pour l’avenir de la Crimée un avenir qui devrait se dessiner, sauf coup de théâtre, au sein de la Fédération de Russie.

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