Ukraine / Russie

Crimée: satisfaction à Moscou, durcissement en Occident

Vladimir Poutine, le 12 mars 2014.
Vladimir Poutine, le 12 mars 2014. REUTERS/Mikhail Klimentyev/RIA Novosti/Kremlin

En Ukraine, 96,7% des votants de Crimée auraient donc opté pour le rattachement de leur région à la Russie. Un plébiscite salué par l'ensemble des médias et des dirigeants russes alors que, ce lundi, la Douma dit vouloir adopter dans un « très proche avenir » une loi autorisant la Crimée à rejoindre la Russie. En Occident, le ton se durcit pour qualifier ce vote.

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En Occident, les mots sont durs pour qualifier le référendum de Crimée et son résultat. « Les Etats-Unis et la communauté internationale ne reconnaîtront jamais le vote » d'hier en Crimée, a déclaré Barack Obama qui s'est entretenu au téléphone avec Vladimir Poutine. La réaction américaine, ce sont aussi ces propos d'un conseiller du président américain, Dan Pfeiffer : « Va-t-il continuer à s'isoler encore plus, à affaiblir son économie encore plus, à diminuer l'influence de la Russie dans le monde... Ou va-t-il prendre la bonne décision ? »

En, Europe, le référendum de Crimée est qualifié de « farce » par Londres et de « pseudo-consultation » par le président français François Hollande. Enfin, à Berlin, on dit que « la Russie a bloqué toute option de sortie de crise », déplore le chef de la diplomatie allemande. Les regards se tournent ce lundi 17 mars vers Bruxelles. Une réunion d'ambassadeurs européens va y fixer des sanctions qui viseront des responsables russes ou Ukrainiens pro-russes. Soit de 25 à 30 personnes dont les avoirs pourraient être gelés et les visas restreints.

Manifestation en faveur du rattachement de la Crimée à la Russie, devant la statue de Lénine, à Simferopol, le samedi 15 mars 2014.
Manifestation en faveur du rattachement de la Crimée à la Russie, devant la statue de Lénine, à Simferopol, le samedi 15 mars 2014. REUTERS/Thomas Peter

Sourde oreille

A Moscou, nous signale notre correspondante, Muriel Pomponne, on fait la sourde oreille, comme l'indiquent les propos de Vladimir Poutine au président Obama, repris par l'agence de presse Interfax : « Le référendum en Crimée est cohérent avec le droit international et la charte des Nations Unies, en se basant en particulier sur le précédent du Kosovo ». C'est le point de vue russe depuis le début de la crise et il ne change pas. De son coté, la Douma russe, c'est à dire le Parlement, promet de légiférer rapidement pour permettre le rattachement de la Crimée à la Russie. Un vote devrait normalement intervenir vendredi 21 mars.

Le gouvernement russe, lui, s'engage à débloquer des moyens financiers pour aider la Crimée. Toutefois, le dialogue ne semble pas totalement rompu entre Moscou et les capitales occidentales. Ainsi, d'après l'agence russe interfax, Vladimir Poutine et Barack Obama estiment nécessaire de rechercher « conjointement » les moyens de contribuer à une stabilisation de l'Ukraine. Le président russe est favorable à un déploiement des observateurs de l'OSCE dans toutes les régions d'Ukraine. M. Poutine qui continue cependant d'affirmer que les autorités de Kiev sont incapables ou ne veulent pas stopper le déchaînement des groupes ultranationalistes radicaux.

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