Ukraine / Russie

Rattachement de la Crimée: Poutine assure respecter le droit

Vladimir Poutine multiplie les annonces, devant le Parlement et la presse, pour défendre le rattachement de la Crimée à la Russie.
Vladimir Poutine multiplie les annonces, devant le Parlement et la presse, pour défendre le rattachement de la Crimée à la Russie. REUTERS/Maxim Shemetov
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Dans son discours devant les deux chambres du Parlement russe, le président Vladimir Poutine a annoncé la ratification d’un accord prévoyant le rattachement de la Crimée à la Russie. C’est une nouvelle étape d’une opération d’annexion, soigneusement préparée par les juristes du Kremlin de façon à éviter autant d’obstacles prévus en droit international que possible.

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La procédure est bien huilée et mise en oeuvre très rapidement. Au lendemain du referendum en Crimée, Vladimir Poutine a déjà signé un décret reconnaissant l'indépendance de la péninsule séparatiste ukrainienne. Un décret indispensable pour la suite car un accord de rattachement ne peut être signé qu'entre deux Etats indépendants. Cet accord est déjà prêt et doit être annoncé par Vladimir Poutine devant les deux chambres du Parlement seulement deux jours après le vote en Crimée.

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Moscou tient à apparaitre comme très légaliste dans cette affaire, signe que la Russie est bien consciente que le respect du droit international constitue son point faible. En effet, les procédures engagées restent bilatérales et ne sont pas reconnues par la communauté internationale. En droit international, la Crimée reste ukrainienne tant que, conformément à la Constitution de l'Ukraine, un referendum national n'en décide autrement. Les Etats-Unis et les Européens ont riposté en annonçant une série de sanctions contre des proches de Vladimir Poutine, russes comme ukrainiens.

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« La Crimée a toujours été russe »

Dans son discours au Parlement, Vladimir Poutine a défendu avec conviction ce projet : « Dans le cœur et dans l’esprit des Russes, la Crimée a toujours été et demeure partie intégrante de la Russie. Cette approche fondée sur la vérité et la justice a été transmise de génération en génération. Toutefois nous avons été impuissants face à tous les changements que notre pays a dû vivre au cours du XXème siècle. »

Un discours de près d'une heure, largement applaudit par les parlementaires. Fustigeant les réactions occidentales, Vladimir Poutine a aussi cherché à rassurer la communauté internationale : il assure qu'il n'y aura pas de tentative de conquérir l'est de l'Ukraine. Le président russe a aussi cherché à rassurer les populations non russes de Crimée, Tatars et Ukrainiens.

Concert de condamnations en occident

La première réponse à apporter à la Russie, c'est de condamner, a estimé le ministre français des Affaires étrangères sur TF1 ce lundi. Ensuite, il faut selon lui prendre des sanctions. Onze personnalités ont ainsi été prises pour cible par les Européens. Il faut également soutenir l'Ukraine, affirme Laurent Fabius. « Vendredi, assure le ministre, va être signé un accord d'association politique avec l'Ukraine et d'autre part, nous allons l'aider économiquement et financièrement. » Il faudra ensuite que l'OSCE puisse envoyer des observateurs sur place pour surveiller des élections légitimes, estime Laurent Fabius : « Nous voulons absolument que la fermeté prévale et que Poutine ne puisse pas aller plus loin. »

Dans les heures qui ont suivi l'annonce par Vladimir Poutine de la ratification d’un accord prévoyant le rattachement de la Crimée à la Russie, des réactions fermes sont également venues du Royaume-Uni et des Etats-Unis. William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères a ainsi jugé ce mardi, devant la Chambre des représentants à Londres, qu’il était « regrettable d'entendre aujourd'hui que le président Poutine a fait le choix de l'isolement ». Il a par ailleurs annoncé que le Royaume-Uni suspend toute coopération militaire avec la Russie.

Joe Biden, le vice-président des Etats-Unis, a pour sa part déclaré que Moscou « a aligné tout un éventail d'arguments pour justifier ce qui n'est rien d'autre qu'une confiscation de territoire ». Il a également prévenu que « l’isolement politique et économique de la Russie ne peut qu'augmenter si elle poursuit dans la même voie, et elle verra en fait de nouvelles sanctions de la part des Etats-Unis et de l'UE ».

De son côté, le président français, François Hollande a appelé à « une réponse européenne forte et coordonnée ». Il a aussi ajouté que « la France ne reconnaît ni les résultats du référendum tenu en Crimée le 16  mars dernier, ni le rattachement de cette région d'Ukraine à la Russie.» En Allemagne, la réaction est aussi ferme. La chancelière Angela Merkel a jugé l'intégration de la Crimée « contre le droit international. » Elle a aussi exprimé sa volonté de favoriser dialogue : « nous allons privilégier la discussion.»

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