Union européenne

L’Europe en quête d’unité sur les sanctions à prendre contre la Russie

Les chefs des 28 Etats membres de l'Union européenne, réunis à Bruxelles, espèrent parvenir à une position commune sur les sanctions contre la Russie.
Les chefs des 28 Etats membres de l'Union européenne, réunis à Bruxelles, espèrent parvenir à une position commune sur les sanctions contre la Russie. REUTERS/Yves Herman

La situation en Ukraine est venue bousculer l'agenda des dirigeants européens réunis en sommet à Bruxelles, ce jeudi et ce vendredi. Les 28 doivent trouver une réponse unie et proportionnée aux derniers événements dans le pays.

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Avec notre envoyé spécial à Bruxelles, Guillaume Naudin

Des sanctions, oui, mais pas trop. C’était le ton des 28 chefs d’Etat et de gouvernement à leur arrivée à Bruxelles. Des sanctions, après l’annexion de fait de la Crimée par la Russie, mais des sanctions individuelles élargies plus lourdes et qui concernent plus de personnalités russes et ukrainiennes impliquées dans la situation actuelle.

→ A (RE)LIRE : «Les sanctions économiques contre la Russie seront du perdant-perdant»

Il y a aussi les mesures symboliques : François Hollande annonce par exemple l’annulation du sommet Russie-Union européenne de Sotchi en juin, en amont du sommet du G8 au même endroit et dont la chancelière allemande, Angela Merkel, ne veut même plus parler.

Des sanctions globales en cas d'escalade

Pour le reste des sanctions économiques globales, leur faisabilité va être étudiée, mais pour plus tard, en cas d’escalade. C’est que le Kremlin a déjà montré, en répliquant de manière presque symétrique aux sanctions américaines, qu’il était prêt à aller loin. C’est assez dissuasif pour des pays qui importent massivement du gaz russe, comme l’Allemagne ; qui accueillent les oligarques et leur argent, comme le Royaume-Uni ou qui ont des bateaux de guerre à vendre aux autorités de Moscou, comme la France. Le mot d’ordre, c’est l’unité et l’unanimité : les 28 veulent que l’Union parle d’une seule voix.

Les habitants de Kiev dénoncent des mesures dérisoires

Avec notre envoyé spécial à Kiev, Daniel Vallot

C’est non loin de Maïdan, à même le trottoir, que Sergueï a installé son étal de drapeaux ukrainiens et d’autocollants anti-Russes. Interrogé sur les sanctions, il s’agace du manque de fermeté des Européens et des Américains. « Ce genre de sanction, ça n’est pas suffisant. En tout cas Poutine ne les prend pas au sérieux ! Ce dont il a vraiment peur, c’est que l’Europe refuse de lui acheter son gaz. Si l’Europe fait ça, alors les actions des groupes russes vont s’effondrer », prédit-il.

Venue acheter des autocollants pro-Maidan, Natalia repart avec un paillasson à l’effigie de Ianoukovich. Comme Sergueï, elle estime que les Occidentaux ne vont pas assez loin. « Les sanctions économiques, ça ne sert à rien ! Pour arrêter Poutine, il faut aussi des mesures militaires. L’Ukraine n’a pas assez d’armes, tout le monde le sait, mais les Occidentaux ne font rien, dénonce-t-elle. Il faudrait aussi une force d’interposition en Ukraine, au moins pour empêcher la Russie de nous attaquer, après s’en être pris à la Crimée. »

Beaucoup d’habitants de la capitale ukrainienne craignent à présent de voir Moscou s’en prendre aux régions situées dans l’est du pays. Et ce n’est pas avec ces sanctions dérisoires, se lamente Natalia, que les Occidentaux vont barrer la route à la Russie.

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