Ukraine/Russie

Les Criméens devront désormais faire leur service militaire en Russie

Un militaire ukrainien regarde Vladimir Poutine à la télévision au moment de la signature du traité rattachant la Crimée à la Russie dans une base militaire de Crimée, le 21 mars 2014.
Un militaire ukrainien regarde Vladimir Poutine à la télévision au moment de la signature du traité rattachant la Crimée à la Russie dans une base militaire de Crimée, le 21 mars 2014. REUTERS/Vasily Fedosenko

Après le rattachement de la Crimée à la Russie, un bon nombre de militaires ukrainiens ont décidé d'entrer dans l’armée russe. Il s’agit souvent de soldats dont la famille vit en Crimée, et pour lesquels il est difficile de partir. Mais l’armée russe va aussi bénéficier de la conscription des jeunes Criméens, qui devront faire leur service militaire d’un an en Russie. Une perspective d’autant plus difficile pour certains, que la conscription venait d'être supprimée en Ukraine.

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Avec notre envoyée spéciale à SébastopolMuriel Pomponne

Andrei a 19 ans, il vit à Sébastopol. Lui et sa mère ont été très contents quand la conscription a été supprimé en Ukraine. Alors maintenant, c’est la déconvenue, comme le raconte la mère d’Andrei : « On vient de se rendre compte qu’il allait devoir partir à l’armée ! Je suis bouleversée ! Il m’a dit : "s'il le faut vraiment, je vais y aller mais ce ne me plaît pas du tout».

D’autant qu'Andrei vient de finir sa formation et a des projets d’avenir : « Il est cuisinier, il a une très bonne place comme chef de cuisine à Sébastopol, et il va se marier le 20 juin prochain. » Sa mère est chamboulée : « Ca bouscule tous ses projets. Et puis, mon fils est pacifique, il n’a pas du tout l’esprit militaire. Il veut fonder une famille, il a un travail. Et aller à l’armée, spécialement une armée qui envahit d’autres pays, je ne veux pas ça pour mon fils ! »

Alors, pourquoi ne pas rester ukrainien avec un permis de séjour pour pouvoir habiter en Crimée, et ainsi échapper au service militaire ? Sa mère hésite : « Il n’a rien contre la Russie, sa copine non plus, mais c’est un choix difficile. Soit on restera et on deviendra russe, soit on partira. Ce sera trop compliqué de rester ici avec la citoyenneté ukrainienne. » Un dilemme auquel sont confrontés tous les jeunes gens de Crimée désormais.

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