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GRECE

Une vidéo d'Aube dorée secoue le gouvernement grec

Manifestation des partisans d'Aube dorée à Athènes, le 30 novembre 2013.
Manifestation des partisans d'Aube dorée à Athènes, le 30 novembre 2013. REUTERS/Yorgos Karahalis

Le gouvernement grec est dans l'embarras. Le bras droit du Premier ministre a dû démissionner, la semaine dernière. Dans une vidéo, on le voit en train de discuter avec le porte-parole du parti ultra-nationaliste Aube dorée. Il explique à son interlocuteur que le gouvernement a fait pression sur la justice pour mettre son parti hors jeu.

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La vidéo a visiblement été tournée en caméra cachée, dans le bureau d'Ilias Kasidiaris, le porte-parole d'Aube dorée. On y voit Panayiotis Baltakos, le bras droit du Premier ministre grec, face caméra. Il discute avec le député d'Aube dorée, dont on entend seulement la voix. Sur cette vidéo, Panayiotis Baltakos explique que les ministres de la Justice et de l'Ordre public auraient convaincu le procureur de la Cour suprême de lancer des poursuites pénales contre des députés de l'Aube dorée, pour des raisons pas forcément juridiques, mais plutôt électorales. Les ministres concernés ont aussitôt réfuté.

En publiant ce document gênant, Aube dorée a donc choisi de contre-attaquer, alors que le mouvement fait face à une offensive judiciaire depuis octobre. Cette offensive a débuté après l'assassinat d'un jeune rappeur, Pavlos Fyssas, par des militants néo-nazis. Une enquête a ensuite été lancée et 10 jours plus tard, fin septembre 2013, la police a mené un vaste coup de filet au sein du parti. Le fondateur et président d'Aube dorée, Nikos Michaloliakos a été arrêté ainsi que cinq autres députés et une trentaine de militants. Ils sont accusés de « direction » et de « participation à une organisation criminelle ».

Aube dorée, un parti dans la tourmente

La vidéo où on voit le porte-parole d'Aube dorée discuter avec le bras droit du gouvernement aurait donc été tournée après cette vague d'arrestations. Ces dernières semaines, la levée de l'immunité des députés d'Aube dorée s'est également accélérée. A l'heure actuelle, ils ne sont plus que la moitié des 16 députés à être encore protégés des poursuites pénales grâce à leur statut.

Cette offensive judiciaire a fait des remous au sein même du parti néo-nazi. Il y a trois semaines, un premier député a démissionné. Il a quitté sa formation politique en condamnant les actions de son ancien parti. Quatre jour plus tard, un autre a été éjecté du parti pour « ne pas avoir clarifié ses positions » comme l'a expliqué Aube dorée. Des rumeurs sur sa possible démission courraient au sein de l'organisation néo-nazie.

Une vidéo qui tombe à pic

A un mois et demi des élections européennes, locales et régionales en Grèce, cette vidéo arrive donc au bon moment pour Aube dorée. Alors que neuf députés font actuellement l'objet de poursuites judiciaires, certains n'ont pas abandonné leurs objectifs électoraux. C'est le cas d'Ilias Kasidiaris, le porte-parole d'Aube dorée, qui a donc diffusé et visiblement filmé la vidéo. Il est candidat à la mairie d'Athènes.

Cette vidéo fait donc mauvaise presse au gouvernement, puisqu'elle laisse penser que l'offensive judiciaire serait une initiative uniquement à visée électorale. Le parti de gauche radicale Syriza a demandé la démission des deux ministres cités dans la vidéo, sans succès jusqu'ici. Reste à savoir quel impact aura cette affaire sur les résultats du vote. A l'heure actuelle, Aube dorée navigue toujours autour de 10 % dans les sondages, entre la troisième et la quatrième position des intentions de vote.

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