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Ukraine / Russie

Ukraine: le drapeau russe flotte sur la mairie de Donetsk

Char arborant un drapeau russe et un drapeau blanc sur lequel on peut lire «Corps des volontaires du peuple de Donetsk» à Slaviansk ce mercredi 16 avril.
Char arborant un drapeau russe et un drapeau blanc sur lequel on peut lire «Corps des volontaires du peuple de Donetsk» à Slaviansk ce mercredi 16 avril.
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Alors qu'à Donetsk, la grande ville de l'Est ukrainien, l'hôtel de ville a été envahi ce matin par des hommes armés et cagoulés, la tension reste forte dans la région. Des renforts ukrainiens sont arrivés hier pour sécuriser l'aérodrome de Kramatorsk et le ton des échanges entre Kiev et Moscou ne s’apaise pas.

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La réunion qui doit se tenir demain à Genève entre représentants russes, ukrainiens et occidentaux est toujours à l’ordre du jour mais Moscou a prévenu que tout recours à la force aurait pour conséquence l’annulation de la rencontre. Le Premier ministre ukrainien a accusé ce mercredi matin la Russie de construire un nouveau mur de Berlin et de vouloir un retour à la guerre froide... Alors qu'à Kramatorsk, les troupes ukrainiennes ont pris le contrôle de l'aérodrome militaire et tentent de ressérer l'étau autour des séparatistes russes, le drapeau russe flotte sur le toit de l'hôtel de ville de Donetsk.

► Des blindés ukrainiens sont arrivés à Slaviansk où tout semble calme

Notre envoyée spéciale à Slaviansk, Anastasia Becchio, raconte que deux chars vides

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Carte de l'Ukraine DR

sont garés ce mercredi après-midi dans le parc qui donne sur l’administration locale. Le parc est gardé par des hommes en armes qui portent des uniformes verts, les mêmes que portaient les militants pro-russes en Crimée le mois dernier. Ces hommes sont lourdement armés de fusils et de lance-roquettes. Ils paraissent très bien organisés. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs reconnu qu’ils venaient de la péninsule autonome du sud de l’Ukraine, devenue russe à la suite d’un référendum.

C’est ce même type de référendum que les insurgés de la République souveraine de Donetsk qu’ils veulent organiser d’ici au 11 mai. Et ils ont bon espoir d’y parvenir, après les événements de ces dernières heures. Ici à Slaviansk on s’attendait à une offensive de l’armée ukrainienne, mais la mairie est finalement aux mains des insurgés qui ont planté le drapeau russe sur le bâtiment.

Les hommes armés et les habitants, qui sont plusieurs centaines ici, racontent que des soldats ukrainiens sont arrivés il y a peu dans ces chars garés ici et qu’ils seraient passés du côté des insurgés. Ils se trouveraient en ce moment à la mairie. Des informations qui restent encore à confirmer. Mais ici en tout cas, l’ambiance est détendue, les habitants de la ville félicitent les hommes en armes, de jeunes enfants se font photographier avec eux. « Quand on a entendu les chars on a eu peur, confie une dame, mais quand on a vu qu’ils hissaient le drapeau russe on a poussé un "ouf" de soulagement ».

Moscou fait monter la pression

Soldat ukrainien en faction sur la base aérienne de Kramatorsk, ville occupée par des forces pro-russes, le 15 avril 2014.
Soldat ukrainien en faction sur la base aérienne de Kramatorsk, ville occupée par des forces pro-russes, le 15 avril 2014. REUTERS/Marko Djurica

Moscou va pourtant chaque jour un peu plus loin dans la dramatisation de la situation, rapporte notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne. Avant-hier, lundi, c’était le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui évoquait un risque de guerre civile, hier après-midi le Premier ministre russe tenait des propos identiques, et mardi soir, c’est Vladimir Poutine en personne qui dit à Angela Merkel, que « l’Ukraine est au bord de la guerre civile ».

Le président russe met en cause les autorités de Kiev dans ce qu’il appelle « la répression violente des manifestations populaires dans les régions du sud-est de l'Ukraine », allant jusqu'à lancer un appel aux Nations unies pour condamner les mesures prises par Kiev contre les séparatistes.

à (re)lire: L'armée ukrainienne se positionne à Kramatorsk

Vladimir Poutine laisse toutefois filtrer une lueur d'espoir, en espérant que « la réunion de Genève enverra un signal clair qui favorisera le retour à une situation pacifique », une déclaration qui semble donc confirmer que cette rencontre quadripartite prévue demain aura bien lieu, alors que les Russes laissaient jusque là planer une certaine incertitude.

Et puis le président russe n’a pas omis de rappeler la dépendance énergétique de l’Europe, en évoquant sa lettre envoyée aux dirigeants européens soulignant l'importance de la stabilisation de l'économie ukrainienne et de la continuité des fournitures de gaz russe à l'Europe.

Gaz : le coup de pouce de RWE aux Ukrainiens

La société énergétique allemande RWE a annoncé qu’elle reprenait ce mardi des livraisons de gaz russe d'Ouest vers l'Est en direction de l'Ukraine.

avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

Reverse flow, traduisez : « flux inversés », c’est la technique qui permet d’utiliser les gazoducs par lesquels transite le gaz russe d’Est vers l’Ouest dans l’autre direction. Le numéro deux allemand de l’énergie RWE, qui a signé un accord il y a deux ans avec l’Ukraine pour des livraisons de gaz, les a repris ce mardi sans toutefois préciser la quantité concernée. L’accord de 2012 prévoit que jusqu’à dix milliards de mètres cube peuvent être ainsi livrés depuis l’Allemagne à l’Ukraine. Kiev achète 30 milliards de mètres cube chaque année à la Russie.

Ces livraisons ne vont cependant pas sans problèmes notamment le transfert de la Slovaquie vers l’Ukraine et Bratislava ne semble pas disposée à lever les restrictions sans lesquelles des volumes plus importants pourraient être acheminés vers Kiev. Le gouvernement slovaque propose d’utiliser en guise d’alternative un autre gazoduc mais ce dernier n’est pas achevé et opérationnel.

Moscou voit des livraisons de son gaz d’Ouest vers l’Est d’un mauvais œil. Le patron de l’entreprise russe Gazprom avait au début du mois mis en cause la légalité de ces opérations.

 

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