UKRAINE

Ukraine: la détermination des pro-Russes ne faiblit pas

Un militant pro-russe gardant l'entrée de l'hôtel de ville de Slaviansk, en Ukraine, le 23 avril 2014.
Un militant pro-russe gardant l'entrée de l'hôtel de ville de Slaviansk, en Ukraine, le 23 avril 2014. REUTERS/Gleb Garanich

L'escalade en Ukraine se poursuit. Les provocations entre Occidentaux, Ukrainiens et Russes se sont renforcées par la découverte de deux corps dans la ville de Slaviansk, la ville tenue par des militants séparatistes pro-russes. Mardi, le président ukrainien par intérim a ordonné aux forces gouvernementales de reprendre leur offensive « anti-terroristes » dans la région.

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Avec notre envoyée spéciale à Kiev, Anastasia Becchio

Les gestes de défi au gouvernement de Kiev se multiplient. Les insurgés pro-russes de Slaviansk revendiquent ce mercredi l’attaque d’un avion militaire ukrainien au fusil d'assaut, qui s'est produite mardi 22 avril en fin de journée. Le ministère ukrainien de la Défense avait indiqué qu'un Antonov 30, un vol d'observation au-dessus de la ville aux mains des rebelles, avait été touché par des tirs. Il a réussi à se poser sur sa base.

Mardi pourtant, le maire autoproclamé de la ville soutenait que ses hommes n’étaient pas impliqués dans cette attaque. Il se justifie maintenant en expliquant à l’agence russe Ria-Novosti que l’information ne lui était encore pas parvenue.

Un journaliste américain disparu

Quel crédit dans ce cas accorder aux déclarations de Viatcheslav Ponomarev ? En particulier lorsqu’il assure qu’un journaliste américain porté disparu depuis lundi soir à Slaviansk va bien, qu’il sera relâché lorsqu’il l’aura décidé.

Selon plusieurs de ses collègues, Simon Ostrovsky est retenu par les séparatistes pro-russes. Personne n’a jusque-là réussi à le localiser et à lui parler. Le site américain pour lequel il travaille, Vice News, indique être en contact avec le département d’Etat américain pour s’assurer de sa sécurité.

Journaliste aguerri, russophone et bon connaisseur de la région, Simon Ostrovsky sillonnait l’Ukraine depuis près d’un mois maintenant, la Crimée puis le Dombaz. Il se trouvait à Slaviansk depuis plusieurs jours.

→ A (RE) LIRE : Joe Biden à Kiev pour soutenir les autorités ukrainiennes

Réaction américaine

A Kiev, le vice-président américain Joe Biden a menacé Moscou de sanctions si elle ne met pas fin aux actions de ses partisans, exigeant également le retrait des troupes russes massées à la frontière. 

La réaction russe  a été immédiate avec l'annonce d'un déclenchement de manoeuvres militaires en mer Caspienne, une région stratégique pour le commerce international des
hydrocarbures, avec de multiples oléoducs et gazoducs.

Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie, renchérit ce mercredi. « Si ses intérêts sont attaqués, la Russie répondra comme en Georgie en 2008 », dit-il. Il a aussi lancé de nouvelles accusations à l'encontre des Etats-Unis, accusés de diriger les actions des autorités de Kiev.
 


Envoi de troupes américaines en Pologne

Washington a annoncé, mardi 22 avril, le déploiement pour des exercices en Pologne et dans les pays baltes de 600 soldats. Ce geste est destiné à montrer son engagement à ses alliés de l'Otan dans un contexte de tension avec la Russie sur l'Ukraine. Cette crise en Urkaine marque l'amorce d'un changement dans la posture de l'Otan dans l'est de l'Europe.

Si jusqu'alors l'Alliance atlantique s'était refusée à implanter de manière permanente des militaires dans les pays autrefois membres du bloc soviétique, cela afin de ne pas indisposer la Russie, aujourd'hui le Pentagone laisse entendre qu'il pourrait y avoir des rotations de troupes de l'Otan dans la région, des relèves, autrement dit une présence sur le terrain qui s'inscrirait dans la durée, particulièrement en Pologne.

A la lumière de la crise en Ukraine, le Pentagone envisage aussi d'envoyer des troupes dans les pays baltes. « L'invasion des pays baltes par les forces russes », c'était le scénario du dernier exercice d'envergure mené par l'Otan en novembre dernier (nom de code de l'exercice : « Stead Fast Jazz ») qui avait réuni 6 000 hommes en Pologne et en Lettonie.

En novembre dernier, l'Otan s'entraînait en Pologne sur un scénario impliquant une invasion des pays baltes par la Russie.
En novembre dernier, l'Otan s'entraînait en Pologne sur un scénario impliquant une invasion des pays baltes par la Russie. RFI/ Olivier Fourt

L'action du Pentagone

Enfin, le Pentagone souhaite renforcer la réactivité des ces forces armées dans la région, sur terre, en l'air ou sur mer. Cette action se fera dans le cadre de l'Otan ou de manière bilatérale, précise-t-on à Washington. Des chasseurs américains F15C sont déjà en Lituanie depuis début mars, d'autres avions de combat canadiens et français vont arriver prochainement et 5 navires de faible tonnage appartenant à l'Alliance ont mis le cap vers la mer Baltique.

Pendant ce temps, à 3 000 kilomètres de là, la marine russe a déclenché des manoeuvres militaires impromptues impliquant sa flotte de la mer Caspienne, annonce ce mercredi le ministère de la Défense à Moscou. L'exercice durera sept jours et impliquera une dizaine de bâtiments et 400 marins.

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