Ukraine

Ukraine: les troupes russes se sont-elles retirées de la frontière?

Image satellite montrant des troupes russes au sol (ici un bataillon d'artillerie), à Novocherkassk, non loin de la frontière ukrainienne.
Image satellite montrant des troupes russes au sol (ici un bataillon d'artillerie), à Novocherkassk, non loin de la frontière ukrainienne. REUTERS/DigitalGlobe via SHAPE
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Prévue dimanche 25 mai, l'élection présidentielle ukrainienne approche à grands pas dans un contexte diplomatique très tendu entre les pays occidentaux - Etats-Unis, UE, Ukraine - et la Russie. Ce mardi, des déclarations officielles mais contradictoires font régner la confusion sur les véritables positions de l'armée russe, massée depuis plusieurs mois sur la frontière ukrainienne.

Publicité

Mardi après-midi, l'information communiquée par les garde-frontières ukrainiens était sans ambiguïté : les troupes russes ont reculé d'au moins dix kilomètres de la frontière avec l'Ukraine. Hier, un survol de 820 kilomètres de frontière par un avion de reconnaissance leur avait permis de dresser ce constat, délivré par Sergui Astakhov, haut responsable des garde-frontières, aux agences de presse ukrainiennes.

Ce retrait a été alors perçu comme un geste symbolique d'apaisement dans la crise, à cinq jours d'une présidentielle cruciale pour l'avenir du pays.

Mais rebondissement quelques heures plus tard ce mardi : le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Dechtchitsa, a affirmé lors d'une conférence de presse à Berlin, aux côtés de son homologue allemand, que Kiev n'était pas en mesure de confirmer ce retrait.

Plusieurs fois annoncé par le Kremlin, le retrait des soldats massés à la frontière - 40 000 selon les services de renseignements occidentaux - n'a jamais pu être confirmé par l'Alliance atlantique et les Etats-Unis. L'Otan démentait hier encore ces informations.

Ce mardi, le ministère russe des Affaires étrangères a estimé que l'élection présidentielle de dimanche en Ukraine ne ferait qu'exacerber les tensions si la feuille de route de l'OSCE n'est pas appliquée et si les hostilités ne cessent pas. Réplique de Joe Biden : « Les frontières de l'Europe ne doivent plus jamais changer à la pointe des fusils », a lancé le vice-président américain sur une base de l'armée de l'Air près de Bucarest, en Roumanie (pays limitrophe de l'Ukraine).

→ A (RE)LIRE : les avis sont partagés à une semaine de la présidentielle

Kiev refuse de prépayer le gaz

Autre dossier brûlant à l'approche de la date fatidique du 25 mai : les livraisons de gaz, menacées d'être suspendues par Moscou si celles-ci n'étaient pas payées d'avance. Ce mardi, les autorités ukrainiennes ont rejeté l'exigence posée par Moscou de prépaiement, a déclaré mardi le Premier ministre Arseni Iatseniouk à l'Union européenne.

→ A (RE)LIRE: Le gaz, enjeu essentiel de la crise entre l'Ukraine et la Russie

« En raison de l'absence d'accord de la partie russe pour un règlement du différend sur le prix du gaz naturel, la question du prépaiement ne peut pas être mise au menu des négociations », a indiqué M. Iatseniouk.

La Russie demande à l'Ukraine de payer à l'avance pour ses livraisons de gaz à partir du mois de juin et a menacé de couper les approvisionnements vers l'Ukraine dès le 3 juin si celle-ci ne réglait pas sa facture pour ce mois, qui s'établit à 1,66 milliard de dollars.

(Avec AFP)

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail