Ukraine

Ukraine: combats à Lougansk entre garde-frontières et séparatistes

Le bâtiment de l’administration régionale à Lougansk, le 2 juin 2014.
Le bâtiment de l’administration régionale à Lougansk, le 2 juin 2014. REUTERS

Des combats meurtriers ont eu lieu ce lundi 2 juin dans l'est de l'Ukraine, notamment à Lougansk, où l’armée ukrainienne poursuit son opération militaire contre les séparatistes pro-russes. Les affrontements entre garde-frontières et séparatistes pro-russes ont causé cinq morts parmi ces derniers, selon les forces de l'ordre.

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Les combats durent depuis le petit matin, et n’ont connu qu’une courte trêve de quelques dizaines de minutes, le temps d’évacuer les blessés graves. Selon des témoins, une centaine de rebelles a lancé l’assaut vers 3h30 cette nuit, à l’aide de tirs de mortiers et de lance-roquettes. Ils visaient le siège régional des gardes-frontières, en périphérie de la ville. Au fil des heures, les insurgés ont vu leurs rangs s’étoffer. Des rebelles pro-russes ont gagné des immeubles d’habitations voisins et des snipers se sont installés sur le toit, rendant plus délicate voire impossible une action militaire.

En fin de journée, les violences se sont déplacées dans le centre-ville de Lougansk. Le bâtiment de l’administration régionale a été touché par des projectiles. Les séparatistes mettent en cause les forces ukrainiennes. Celles-ci démentent tout raid aérien, même si un hélicoptère et un avion de chasse sillonnent le ciel. La police locale accuse les rebelles d’avoir visé les forces aériennes ukrainiennes au lance-missile sol-air portatif, et d’avoir manqué leur cible, touchant finalement la façade du bâtiment administratif.

Une grande confusion règne encore ce soir à Lougansk, mais une chose est sûre : il s’agit de l’une des attaques les plus imposantes de la part des séparatistes. Les autorités ukrainiennes ont réagi en déclarant qu'il s'agissait d'une « action extrêmement bien planifiée », dont l'objectif serait de déstabiliser les unités de garde-frontières, qui ont bien du mal à faire face à l’infiltration de combattants venus de Russie.


La Russie demande la mise en place de « couloirs humanitaires »

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé un « crime » des autorités de Kiev « contre leur propre peuple » après les affrontements. Les Etats-Unis ont affirmé pour leur part détenir des « preuves » selon lesquelles Moscou continuait à laisser passer des « combattants » et des « armes » dans l'est de l'Ukraine.

La Russie a toujours rejeté les accusations sur son implication dans la déstabilisation de l'Ukraine et exige que Kiev cesse son « opération punitive » dans l'est. Ce lundi, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a demandé la mise en place de « couloirs humanitaires » dans cette région, dans un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

« Les intentions du président Poutine ne sont toujours pas claires », a souligné le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew, peu avant les rencontres prévues pour cette semaine entre Vladimir Poutine et plusieurs de ses homologues occidentaux lors des cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement allié.

Sur le front énergétique, la Russie a accordé à l'Ukraine un répit d'une semaine en repoussant jusqu'au 9 juin la date limite de son ultimatum sur le gaz ainsi que la menace d'une coupure de l'approvisionnement; une menace qui inquiète l'Europe et qui fait l'objet de négociations cruciales à Bruxelles.
RFI

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